samedi 4 septembre 2010

Pour 50 000 euros, on n'a décidément plus grand chose à boire!



Approchez-vous de cette belle étiquette. Vous vous rendez compte, un Château Lafite-Rothschild 1789! Ouaou! Il est à vous pour 47 840 euros, on peut même l'acheter par Internet, faites-en l'expérience après moi.

Et si vous vous offriez cette folie, allez, après tout, plusieurs bouteilles ont déjà été vendues très officiellement aux enchères aux Etats-Unis...

L'animateur d'une noble école suisse du vin se flatte même d'en avoir dégusté une bouteille...et raconte aussi ses émotions en ligne...

Ah oui, je vois, vous préférez le Lafite-Rothschild 1800, également disponible (photo plus bas). Les amateurs de chiffres, rond, je peux les comprendre. En plus il est moins cher, 34 684 euros pièce. Une affaire.

Moi je préfère le millésime 1789, révolutionnaire, dans un dîner en ville, ça pose son homme, avouez-le.

Approchez-vous encore de cette photo.

"Lafite-Rothschild 1789"...

Sauf que James de Rothschild a acquis Château Lafite...en 1868, le 8 août 1868, selon toute vraisemblance, soit 79 ans après 1789...En 1789, James de Rothschild n'était mais pas né puisqu'il ne vint au monde qu'en 1792...

En 1789, Lafite-Rothschild ne s'appelait que Lafite. En 1800 aussi.

Approchez-vous encore de cette étiquette, faites-moi ce plaisir. Qu'y voyez-vous en bas de l'étiquette? "appellation Pauillac contrôlée". Ca en jette, non? Sauf que le système des appellations contrôlées ne date que de...1935.

Louchez une dernière fois sur l'étiquette, mais dans la partie haute cette fois. Vous pouvez y lire "Mis en bouteilles au château".

"Mis en bouteilles".  "Bouteille" au pluriel, n'est-ce pas? Sauf que le Château estampille ses étiquettes "mis en bouteille", infiniment plus logique car vous n'avez qu'une bouteille en face de vous, et vous ne l'avez pas encore bue, alors vous n'êtes pas censé loucher comme le capitaine Haddock...

Cette bouteille est censée avoir été reconditionnée en 1983 par "le maître de chai". Or en 1983 aussi, toutes les étiquettes de Lafite-Rothschild sont estampillées "mis en bouteille" et pas "mis en bouteilles".

Sur un autre site, un autre marchand vend la bouteille de 1789 pour 50 000 euros. C'est fou la vie, sur l'étiquette, on voit très aisément la même trace bleue que sur une autre bouteille en vente, exactement au même endroit...

Bon, ne faites pas la tête, je viens tout de même de vous faire gagner 47 860 + 34 684 euros.

Vous pouvez donc dépenser sans peine 3,26 euros pour faire main basse sur un savoureux exemplaire (d'occasion) de "the billionaire's vinegar" de Benjamin Wallace, sur le site Amazon. On y décrit (en anglais) un autre monde du vin, dont très peu de mes confrères osent parler en France, si ce n'est qu'à voix basse...Best seller depuis 2008, l'ouvrage n'a curieusement jamais été publié en France, le pays du vin, comme c'est étrange.

Vous voulez enfin passer un bon moment sans boire? C'est l'occasion ou jamais de vous (re)mettre à la langue de Shakespeare.




mercredi 1 septembre 2010

Alain Corneau

photo courtesy ARP

Je rentre ce soir du dernier jour de tournage de mon film et j'apprends la triste nouvelle, le grand cinéaste Alain Corneau vient de mourir, d'un cancer du poumon.

Son oeuvre est précieuse, des petits cailloux d'or la jalonnent. Rendez-vous compte : Police Python 357, Nocturne indien (je l'ai encore revu il y a 15 jours, je me souviens que ma tante, cinéphile de première catégorie, me l'avait présenté après m'avoir fait lire le chef d'oeuvre de Tabucchi dont il est le fruit à l'écran).

Je poursuis, avec énormément de nostalgie pour Le choix des armes, sorti en 1981 (j'avais 10 ans) que j'ai dû voir pour la première fois deux ans après à la télé et en me cachant...
Encore : Fort Saganne, Tous les matins du monde, et même son travail, en 1970, comme 1er assistant réal sur L'aveu de Costa-Gavras, où il avait été très utile.

J'aime le vin qui ressemble à ces films.

Et puis on m'a souvent décrit Alain Corneau dans le travail comme quelqu'un de bien, curieux comme personne, éclectique mais jamais superficiel, gourmand d'aventures extrêmes (Nocturne indien, Police python, Tous les matins...), et un sourire aussi qui scotchait beaucoup de monde.











Retrouver Alain Corneau dans un ouvrage paru récemment chez robert Laffont :



http://www.amazon.fr/Projection-priv%C3%A9e-Alain-Corneau/dp/2221101480/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1286286627&sr=1-1

vendredi 27 août 2010

Droit dans le gosier..MADE IN JURA

Je vous chuchote 3 adresses formidables à découvrir le temps d'un week end dans le Jura, dont je reviens de reportage : 






La Maison Petite, LE sanctuaire du grand Comté. Fermez les yeux et imaginez-vous au cœur d’une vaste et secrète forêt d’épicéas à tire d’aile de Mouthe, village le plus froid de France. Dans cette ambiance à la Claude Chabrol, vos pas vous mènent devant une butte de terre. Ouf ! vous êtes parvenu sans vous perdre au fort Saint-Antoine. Mais entrez donc ! A l’intérieur, sous terre, c’est le choc : 65.000 meules de Comté attendent leur heure. Patiemment. Dans le plus grand silence. Soigneusement affinées (entre 10 et 20 mois) dans ces immenses salles des fromageries Marcel Petite, ces monstres de 35 kg sont issus des laits de fruitières artisanales du Haut-Doubs et du Haut-Jura qui ont fait le choix du Bio. Rens. pour visites à l’office de tourisme de Malbuisson au 03 81 69 31 21.





La chocolaterie Hirsinger, à Arbois, place de la Liberté (tél. 03 84 66 06 97), je pense que les photos se passent de commentaires. 






Et pour finir,  les incroyables vinaigres de vin jaune de Philippe Gonet (10,50 euros les 25 cl.), dont les grands Chefs raffolent (Grand' rue, à Arbois, Tél. 03 84 37 47 83 et http://www.philippe-gonet.fr/).  
Bonus track : la moutarde au vin jaune est du même tonneau (6,60 euros les 200 gr, sans colorants ni arômes ni conservateurs).



Copyright photos Thomas Bravo-Maza 2007 et 2010 sur tous supports pour tous pays

Le Priorat BU du ciel

 un reportage en kiosques dans le numéro de septembre de la Revue du vin de France

jeudi 26 août 2010

Un sacré buveur!



Lorsqu'on aime vraiment le vin, on le boit.  Mais pourquoi diable s'empresser? Aucune autre boisson que le vin ne fait à ce point infuser le Temps en elle. Le temps qu'il a fait. Le temps qui s'écoule aussi irrémédiablement. On m'a toujours dit qu'en principe, les aiguilles d'une montre vont toujours dans le même sens.

Pas si sûr! S'emplir de l'émotion du vin ancien  offre une occasion unique de prendre le sens interdit du temps, de remonter le cours des choses. Pour une folle expérience. Les arômes, les saveurs, la présence même du grand vin ancien ramènent leur cortège de souvenirs. En particulier ces évocations d'enfance que l'âge adulte prend un malin plaisir à étouffer, vous le savez bien.

Le drame dans le monde du vin, ce sont ces collectionneurs qui amassent des quantités de bouteilles parfois hallucinantes sans jamais faire sauter le bouchon, fiévreux à l'idée qu'une seule bouteille prélevée dans leur collection n'ouvre un "trou" béant qui les angoisserait encore davantage.

Dingue de vins anciens, François Audouze n'appartient pas à cette catégorie. Son formidable petit ouvrage au nom parfaitement trompeur de "Carnets d'un collectionneur de vins anciens", que j'avais découvert il y a quelques années et qui figure dans ma bibliothèque idéale du vin, permet de se faire une idée assez juste du bonhomme.


François Audouze boit. Et jamais seul. Pour boire et faire partager, il achète aussi. Beaucoup. Encore plus que ça. Et furète, renifle tout vin ancien digne d'intérêt, toujours entre deux avions pour ramener la perle rare. Ils sont très peu au monde, croyez-moi, à vivre leur passion de façon aussi extravagante (sa cave compte 40 000 bouteilles de vin).

Dans quelques mois, vous le verrez à l'oeuvre, devant 2 Romanée-Conti, avec un ami japonais, dans le film que je réalise pour la télévision. Jubilatoire.

Pour l'heure, il vous suffit de vous inscrire aux wine diners qu'il organise plusieurs fois par an (il est en est à son 140 ème). J'ai eu l'occasion de me rendre une fois à l'un de ces dîners, c'était le n°76, je me souviens encore de la résurrection de ce Cantenac-Brown 1934, qui revenait de si loin, au bout d'une bonne heure après la première gorgée sans voix, miracle, on se serait cru pour un peu dans un film de Werner Herzog! Toute une philosophie de la vie, en somme.

Au menu du prochain dîner, le 1er septembre 2010, accrochez vos ceintures :





  • Champagne Dom Pérignon 1992 en magnum



  • Champagne Krug 1982 en magnum




  • Montrachet Domaine de la Romanée Conti 1996 en magnum




  • Chateau du Bouscaut 1er cru de Graves 1918 en magnum



  • Chateau Lafite-Rothschild 1922 en magnum



  • Pétrus, Pomerol 1976 en magnum



  • Romanée Saint Vivant, Domaine de la Romanée Conti 1990



  • Beaune Grèves Vigne de l'Enfant Jésus, Bouchard P&F 1947




  • Chateau Filhot Sauternes 1935




  • Chateau d'Yquem 1976





  • Il faut vivre ce genre d'expérience. Il faut le boire pour le croire.

    www.wine-dinners.com



    NB : Photo repiquée du blog des vins de l'honorable Maison alsacienne Hugel, qu'on me pardonne, je n'avais pas sous la main d'autre photo disponible de notre serial buveur.

    Alsace Grand Cru Yin et Yang



    Joli exercice hier soir. Dans ma cave, deux grands crus d'Alsace, issus de grands vignerons (Schaetzel, Hebinger), du même millésime (2006).

    D'habitude, des exercices comme ça, Patrick et moi, on les fait devant camera, dans notre MonVino Show. Mais là, le téléphone sonne à 19h, un couple d'amis - de solides dégustateurs - débarque à l'improviste pour fêter une promo, il faut nous trouver un truc rigolo à faire.

    Ma botte secrète : les grands blancs d'Alsace.

    Parmi les 51 grands crus alsaciens, sur le papier, ces deux grands crus - Schlossberg, Hengst - ne peuvent être plus opposés en style, surtout en riesling.

    Je vous ai à la bonne, vous le savez, alors je vous fais une petite piqûre de rappel : le riesling c'est le grand cépage du XXIe siècle, à table il sait tout faire, c'est aussi un "buvard" de terroir qui sait redonner dans le vin toutes les nuances de son origine.

    Revenons à notre exercice d'hier soir.

    Trois ans et demi après la mise en bouteille, qu'est ce que ça vaut, finalement, cette opposition de style? J'ai voulu vérifier hier soir.

    Résultat : bien qu'un poil trop doux, le schlossberg de Jean Schaetzel est bien campé Schlossberg, sur la finesse et la délicatesse, comme un tissu léger de lin qui vient juste vous effleurer par un souffle de vent, aucun doute la-dessus... Aux antipodes de l'Hengst, qui a parfaitement joué sa partition, avec une violence Wagnerienne folle, ah ce toucher électrique en bouche, quelle sensation !

    En Alsace, soyons franc, un cru chasse l'autre, et tous les grands crus ne se valent pas. Mais à ce niveau (et pour des prix accessibles à tous...des grands crus à moins de 15 euros, le rêve), on est aux anges.

    Si vous avez du mal à dégotter ces deux bouteilles, je vous refile un tuyau : l'exercice peut être fait avec les même vins provenant des domaines Weinbach-Colette Faller & ses filles (sur le Schlossberg) et Josmeyer (sur l'Hengst).

    A vous de jouer, maintenant.

    mercredi 25 août 2010

    Ca PEUT PAS FAIRE DE MAL : Champagne et parmesan


    C'est vrai ça, on pourrait faire comme tout le monde et fêter l'anniversaire de cet ami(e) au restaurant, se cogner la litanie Apéro-Petits fours-Entrée-Plats-Gâteau-Bougies-Cadeaux -Champagne.

    On peut aussi faire encore mieux et filer dans le vignoble s'organiser une petite balade de groupe dans les vignes, histoire de faire la fiesta au grand air.

    L'effort, ça creuse, on met donc la nappe à l'ombre d'un grand arbre et on sort les casse-croûte.

    Attention! L'art de se passer de table, ça consiste quand même à mettre les petits plats dans les grands. Et ne pas oublier que l'amitié ne se célèbre pas dans les gobelets en plastique. Je vous vois venir, vous vous dites : "il nous sort le couplet nature & tradition!". Oh que non, c'est pas du tout le genre de la Maison! Je veux juste dire que dans la vie, il y a des moments qu'il faut ('s) offrir en seigneur.

    Mais faites simple : du vrai pain et pourquoi pas - mis à part le gâteau - rien que des fromages. Vous avez choisi de faire la fiesta au Champagne? Faites-vous jouir avec un morceau de parmesan Reggiano dans l'autre main. Et attendez le souffle de vent qui vient vous caresser le visage après la mise en bouche.



    Légende de la photo : un bouchon d'une bouteille de Champagne Bollinger 1924, flinguée avec soin en 2006.

    (C) Thomas Bravo-Maza

    Dans la série CA PEUT PAS VOUS FAIRE DE MAL : L'ail





    C’est vrai, l’ail a mauvaise réputation. Aie, aie, aie…on le suspecte de mal se digérer, de donner une haleine de bœuf…Sait-on au moins que l’ail est bactéricide, fongicide, vermifuge, et même bon pour les voies respiratoires ?

    L’ail est un alicament, c’est à dire un aliment et un médicament. Au cours de la grande peste de Marseille, en 1726, quatre voleurs très malins s’étaient même protégés de la contagion en ingurgitant un mélange d’ail et de vinaigre…et pillèrent à leur guise les maisons des malades…

    La sexualité de l’ail, parlons-en. Ou plutôt n’en parlons pas puisque l’ail n’en a pas : c’est grâce à ses bulbilles – de petits bulbes – qu’il se reproduit sous terre de manière originale.

    La culture de l’ail, on la doit aux mongols puis aux chinois, via la route de la soie. Mais en 1330, Alphonse de Castille l’interdit en Espagne. Notre Henri IV croquait, lui, une gousse dès le réveil. Grâce à Hérodote, on sait même que l’on doit à l’ail les premières grèves de l’Histoire, sous les Egyptiens, lorsque les 100.000 ouvriers bâtisseurs de pyramides ne pouvaient plus s’en nourrir…

    Mes conseils pratiques

    Ail blanc – le plus répandu – je refuse systématiquement d'acheter de l'ail qui vient de loin (Argentine, Chine).



    Ail violet – plus farineux –



    Ail rose de Lautrec – le meilleur, la star –



    Et même le rarissime ail rocambole, très long en bouche.

    Ah, sur une tartine de bon pain, frotté, comme ça…avec juste un filet d’huile d’olive…Rien de plus simple, moi, ça me fait chavirer…

    Mais, mais mais… De grâce, ne commettez plus un crime : le coup de couteau dans le gigot pour le fourrer de gousses d’ail. S’en suit une hémorragie de jus, un crime, je vous dis ! La solution : placez de l’ail en ch
    emise (à carreaux) autour du gigot, Tel Charles Ingalls, il se relèvera bien vite les manches et fera son travail.



    vendredi 20 août 2010

    Un incroyable de jus de terroir


    Les plus grands vins de terroir sont-ils seulement réservés aux plus riches d'entre-nous? Non, non, non!
    Par les temps qui courent, il est plus que jamais indispensable de taper sur le clou encore une fois. Pourquoi? Éloignez vos enfants de votre ordinateur et jetez un coup d'oeil en ligne sur les prix déments de certains crus classés de Bordeaux en primeur et en 2009 et vous verrez...

    Hier soir, j'étais chez l'un de mes bons amis, Yaïr Haidu, en compagnie d'un collaborateur et ami buveur de haute volée, Lionel Pinot. Tout à trac, Yaïr me demande : "tu veux goûter un truc à l'aveugle?". "comme d'habitude, je lui réponds.

    On se regarde tous les trois, Dieu que c'est fin, ciselé, long, cristallin...Mais qu'est ce que c'est?

    On goûte, on tourne et retourne le problème dans tous les sens, on regoûte, je pars sur un grand terroir du Nord, genre Alsace, Allemagne, Autriche, et un un cépage comme le sylvaner ou le pinot blanc. Lionel se dit la même chose...

    Yaïr revient de la cuisine avec la bouteille, nous la dévoile, et c'est le choc. Un grand cru, certes, mais de muscat! Vous connaissez peut-être le style du muscat (celui ci vient de la variété Ottonel), ces notes de grain de raisin frais, ce côté explosif limite entêtant la plupart du temps. En 11 ans - le vin est du millésime 1999 - le côté variétal du muscat a totalement disparu et a été comme mangé par le terroir - le grand cru Kirchberg de Ribeauvillé -, qui, dans nos verres, impose sa race folle.

    Je viens à l'instant d'appeler André Kientzler pour le féliciter et lui demander à quel prix ce vin avait été commercialisé. Réponse du grand vigneron qui ne l'a mis sur le marché qu'en 2001, entre 11,40 et 11,60 euros!

    Morale de l'histoire (1) : ne pas croire ceux qui disent que les "simples" muscats doivent être bus jeunes.
    Morale (2) : un grand cru autour de 11 euros, oui, c'est possible.
    Morale (2 bis) : vous en connaissez beaucoup, vous, des régions comme l'Alsace, où l'on peut dénicher des grands crus pareils à des prix aussi accessibles à tous?
    Morale (3) : un vin de grand terroir, c'est quand on ne peut plus deviner à l'aveugle avec quel cépage il a été produit,  dans le verre, il ne reste que le caractère du terroir, et là, on prend une belle claque, et surtout des pros comme nous.
    Bonus track : entre amis, prenez l'habitude de goûter à l'aveugle, cachez les étiquettes des bouteilles  car l'esprit du vin, c'est ça, le grand vin est celui qui vous surprend, garde sa part de mystère, il n'y a rien de plus frustrant de savoir à l'avance ce que l'on va déguster. C'est par des chocs comme celui-là qu'on progresse à pas de géant dans le vin.

    Domaine André Kientzler
    50 route de Bergheim 68150 Ribeauvillé
    Tél : 03 89 73 67 10

    mercredi 18 août 2010

    Des vendanges sans les "gens du voyage", roms et tziganes?

    Les vendanges ont démarré ici ou là dans le Pays.

    A l'heure où Sarkozy, Fillon, Hortefeux, et Besson ont décidé qu'était ouverte la chasse aux Tziganes, Roms et autres "gens du voyage", je crois bon de rappeler que sans l'aide précieuse de ces saisonniers, depuis toujours, les domaines viticoles dont nous apprécions tant les vins ne pourraient vendanger leurs raisins mais aussi tailler, ébourgeonner la vigne...

    Chaque année, à l'automne, les vignerons profitent du fruit du travail de ces familles, depuis parfois plusieurs générations, des liens indispensables se recréent, dans l'amour du travail bien fait, le respect et la confiance réciproque.

    Une fois de plus, après les "débats" fascisants sur l'identité nationale, les récents propos honteux autour de la déchéance de nationalité, les dérives électoralistes et l'instrumentalisation sécuritaire de ce gouvernement m'indignent, je tiens à le dire sans aucune ambiguïté. 




    mardi 17 août 2010

    Toute la finesse d'un Margaux


    Toute gamine, ce Chateau Siran 2006 faisait un peu la gueule, il faut bien l'avouer. Je dis bien "gamine" car pour moi, le terroir de Margaux donne sans doute les vins les plus en dentelles de tout le Médoc. En évoquant un Margaux, je suis dans le bleu, la silhouette gracile d'une danseuse m'apparaît.

    Encore faut-il dégotter un Margaux de cette trempe-là et pas un simple jus concentré à l'outrance, boisé, sans visage.

    Dire qu'il est fait de merlot, cabernet-sauvignon et d'une proportion élevée de petit verdot (16%) ne dit pas grand chose sur le vin, finalement.

    Le plus simple serait que vous le goûtiez puisque qu'à l'inverse de tous ces crus classés de Margaux qui vous coûtent un bras et même les deux (on songe à Château Margaux 2009 proposé à 950 euros hors taxes en primeur), ce cru non classé mais de grande classe, ne coûte "que" 21,80 euros (site www.wineandco.com)

    A vous de jouer, donc.

    samedi 17 juillet 2010

    Bernard Giraudeau est mort







    Bernard Giraudeau s'en est allé tester le matériel, j'ai appris la triste nouvelle ce matin par un ami.


    Je repense à ce post que je vous avais écrit le 16 avril dernier et que j'avais intitulé 





    "Bernard Giraudeau, la grâce comme un bijou que l'on porte trop rarement sur soi"



    Je vous en ai fait un copié-collé.





    J'écoutais ce matin Esprit critique, la formidable émission de Vincent Josse sur France Inter. Elle était consacrée ce vendredi 16 avril à la bibliothèque de Bernard Giraudeau.




    Pour être tout à fait franc, je ne l'ai pas trouvé en grande forme notre Giraudeau de choc, ce matin. Je le sais atteint d'un second cancer, ce n'est un secret pour personne, mais ce matin, je l'ai trouvé épuisé, ça m'a rendu triste. J'aimerais lui dire, j'aimerais vous dire que cet homme-là est l'un des petits cadeaux qu'offre la vie pour beaucoup d'entre-nous. Il y a du monde dans cet homme, sa vie est tout en raffinements de l'âme, avec du théâtre, puis du cinéma, puis de la la vraie et grande littérature (jetez-vous sur son chef d'oeuvre, Le marin à l'ancre, paru chez la grande éditrice Anne-Marie Métailié). Abstract de l'éditeur : Roland y est paralysé et cloué dans son fauteuil roulant. Bernard, lui, est acteur, il a été marin et parcourt le monde. Pendant plusieurs années, il a écrit à son ami, le faisant ainsi participer à ses aventures sportives, théâtrales, cinématographiques et personnelles. Il a voyagé pour lui. Loin du tourisme et de l’auto complaisance, ces lettres forment un récit hors du commun, mêlant les souvenirs du marin de dix-sept ans qui découvrait, dans l’innocence, le monde des ports et les femmes (la petite infirme de Diego Suárez, la geisha de Kobe, la dame de Balboa...) aux réflexions et aux sentiments de l’homme qu’il est devenu. Et qui se cherche de la Transamazonienne à la Patagonie et à l’Afrique, sensible aux injustices, aux parfums, à la sensualité, aux femmes.
    Chronique d’une amitié sans pathos, ces lettres révèlent un regard précis et original servi par le style à la fois brutal et lyrique d’un " homme qui court par peur de tomber ".

    Et puis Bernard Giraudeau c'est pour moi aussi le souvenir d'un autre Bernard, Rapp, encore un grand bonhomme. Si vous ne deviez voir qu'un seul film de de Bernard Rapp, ce serait celui-là : Une affaire de goût (fiche : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=23997.html), sorti en 1999.

    Au cinéma, le grand oeuvre de Bernard Giraudeau, pour son toucher de cachemire, c'est incontestablement Les caprices d'un fleuve (fiche http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=14356.html), dans lequel je me replonge de temps en temps. 



    Ne mégotons pas sur la grâce. Ou bien ne fumons plus.

    vendredi 16 juillet 2010

    Vous partez en Espagne pour les Vacances? Rapportez du Fondillón!






    Vous partez en Espagne pour les vacances? Vous devez ramener dans vos valoches (pas d'excuse, elles sont à roulettes), du Fondillón.

    Fondillón. Sans doute le premier vin à avoir fait le tour du monde, avec Magellan...

    C'est à Alicante que ça se passe, selon une méthode dite de doble pasta, pour donner naissance à un vin puissant, coloré, et riche. Unico!

    Casta Diva. L'une de mes adresses préférées? La bodega Gutiérrez de la Vega, et ses cuvées Casta Diva.  Outre ce fondillón de mon coeur, la bodega produit aussi un muscat doux à tomber.




    Goya, La vendange (ou l'Automne), 1787, musée du Prado, Madrid.

    Funeste destin d'une araignée et d'une bouteille de Montrachet




    C'est le livre qu'il vous faut en vacances. Ne cherchez plus, vous le tenez presque entre vos mains.

    Moi, c'est le nom de l'éditeur qui m'a mis la puce à l'oreille. Tous les grimpeurs ont forcément lu ces merveilles publiées chez Arthaud, Everest ultime défi, Montagne pour un homme nu, guides Vallot du Mont Blanc, En hauts lieux...

    Et puis ces quatre mots magiques, de vrais mots de passe pour l'aventurier du goût autoproclamé que je suis : "tour du monde", "épicurien", "vins" "insolites".

    Le reste se boit à la régalade, en plein vent, parce que les contours du vin ne dessinent pas les formes d'un hexagone, ni d'une botte. La vigne est partout, jusqu'au coeur des contrées les plus extrêmes, de la Thaïlande à Cuba, du Japon à la Patagonie.

    "Ah bon, ils font du vin la-bas?". C'est comme ça que le livre vous ferre. Petit éperlan que vous êtes, c'est foutu, vous êtes pris, pas la peine de gigoter comme ça, installez-vous plutôt confortablement. J'espère que vous avez mis quelque chose au frais, parce que ça va donner dans le picaresque.

    Après ça, faites ce que vous voulez, ça ne me regarde pas.


    Pour le commander, c'est ici

    jeudi 15 juillet 2010

    CROQUE NORD







    Une évocation amoureuse du Nord, en ces jours de chaleur parisienne.

    Deauville, Trouville ? Juré, craché, je n'y retournerai plus. Trop d'à-peu-près, pas assez de dépaysement, ni de petits coins où se cacher.

    Pour un parisien en quête de vent, la destination, c'est bien sûr Le Touquet, désuet, charmant et plein de douceur. J'y reviendrai.

    Vous en voulez encore? Un week-end parfait dans la région ne se conçoit pas sans aller traîner ses guêtres du côté de Saint-Riquier, sur le chemin en venant de Paris, à l'est d'Abbeville. Vous ne pourrez pas non plus couper à Montreuil sur mer, pleine de surprises.

    Un petit creux? C'est à la Madelaine-sous-Montreuil que ça se passe, à l'Auberge de la Grenouillère (Tél. 03 21 06 07 22) Un bon conseil, faites-vous plaisir en choisissant (pour une fois) une vraie grande bouteille car les menus sont ultra accessibles. 



    C'est l'occasion ou jamais.

    A mon dernier déjeuner, une bouteille du mythique vigneron bourguignon Jean-François Coche-Dury m'a sérieusement fait de l'oeil. Elle n'aurait pas dû la garce: on n'a pas mis longtemps à l'envoyer au paradis des petites prétentieuses, celle-là!

    N'oubliez pas dans la foulée une bonne virée au Cap Blanc-Nez. Un must.

    Toujours faim de belles rencontres gourmandes ? Impossible non plus de passer par Boulogne sur mer sans aller saluer Philippe Olivier, un fromager hors normes, une force de la nature. (43 rue Thiers, Tél. 03 21 31 94 74). Au top : le Crayeux de Roncq, la Boulette d'Avesnes, le Gouda extra vieux, le Vieux-Lille, le Mont des Cats.

    A vous de jouer, maintenant.








    mercredi 14 juillet 2010

    Ce pinot noir suisse, un vin de pierre


    Nietzsche, dans son savoureux Ecce Homo ("Pourquoi j'en sais si long"), écrit ceci : "un verre de vin ou de bière par jour suffit à me faire de la vie une vallée de larmes".
    Mes yeux à moi se sont embrumés de bonheur après un simple verre de ce pinot noir suisse né en 2006 dans le canton des Grisons, usiné par le vigneron Thomas Studach avec soin et respect du fruit infinis. Il signe là un rouge de pinot noir au goût de roche assez prononcé, digne des grands volnays, rapide et gai comme un derviche-tourneur.

    Le dénicher en France? A ma connaissance, chez les cavistes, pas encore,on peut en revanche en commander sur le net à www.howardripley.com. Et puis, Genève n'est jamais loin et ses cavistes, nombreux.

    lundi 12 juillet 2010

    Vino blog épatant : LAURE-DU-VIN.COM



    Lever de coude, lever du Point. Laure Gaparotto, n'est pas vraiment au vin ce que Julie Andrieu est à la chronique culinaire télévisuelle. C'est même tout le contraire puisque Laure aime lever le coude pour de vrai et le fait du reste avec une certaine efficacité. Laure, j'aime la retrouver en tandem avec Jacques Dupont, chroniqueur vins au magazine Le Point, l'un des rares confrères que je respecte, et bien plus que ça en ce qui le concerne, mais revenons à Laure, et à son blog personnel.

    Au programme, du vineux, du bon, du vrai, de l'humain, racontés avec cette simplicité dont je vous rebats les oreilles à longeur de chroniques...La mise à jour se fait 3 à 4 fois par mois en moyenne.

    Le tout a un certain chic, comme une petite robe bleue portée avec élégance qui fait son effet, sans tomber dans le décolleté de l'outrance.

    C'est utile car c'est comme ça qu'on comprend vraiment ce qu'il il y a au fond d'un verre, par petites touches.

    A vous de jouer maintenant, www.laure-du-vin.com

    mardi 6 juillet 2010

    CEPDIVIN un site indispensable



    Le vin c'est bien plus que du vin, vous le savez bien, aucune autre boisson ne fait couler autant d'encre. 7 000 ans que ça dure, cette histoire-là.

    Et c'est pas fini. L'Histoire du vin et ses cultures s'écrivent chaque jour, il se passe à chaque instant quelque chose dans le monde du vin. Le site www.cepdivin.org est là pour nous offrir toute la profondeur de champ nécessaire grâce un boulot accompli par son auteur, Philippe Margot, helvète curieux et gourmand installé en Suisse, à Vevey, si mes informations sont bonnes.

    Sur la toile, pas d'équivalent. Des livres, expos, événements, portraits, dossiers, lectures, avec comme point de départ, le vin.

    Jusqu'où ? L'architecture, la science, la poésie - Philippe Margot aime le jus de mots d'auteurs formidables comme Jean-Claude Pirotte -, l'art, bref tout ce qui peut s'imaginer dans le vin.

    Rien à ajouter, juste indispensable.

    cepdivin 

    lundi 5 juillet 2010

    Ma cantine Japonaise à Paris : où donc?



    Udon? Udon. Ou donc? On verra plus tard, please. Au Japon, les pâtes UDON sont, avec les SOBA et les SOMEN (d'origine chinoise), les plus populaires.

    Epaisses, plates, (fabriquées à partir de farine de blé) elles se mangent chaudes ou froides, souvent au cœur d'un bouillon.


    Oui, un bouillon, exactement, l'une des plus belles choses que l'homo-gastronomicus ait inventé.

    Tous les repas pourraient commencer par un bouillon.

    Pas besoin d'avoir lu Eloge de l'ombre (chef-d'oeuvre de Junichiro Tanizaki) pour ressentir toute l'énergie qui s'en dégage. Car finalement, un bouillon, c'est beaucoup de philosophie, beaucoup de simplicité et de goût dans un peu d'eau chaude.

    Une eau délicatement parfumée dans laquelle les japonais font cuire ces fameux UDON.

    Tous les repas devraient commencer par un bouillon.

    Découvrir à Paris l'art de la joie simple du bouillon UDON? Oui, mais où ça?
    Pas si simple. Quasiment tous les établisssements japonais de la capitale n'en sont pas. Tout cela pue l'arnaque à plein nez, comme une contrefaçon made in China. Et alors? Impossible d'en rester là, de se contenter de râler encore et toujours, grattons, faisons mouche. Vous la voulez cette adresse? Ca se passe au cœur du 1er arrondissement de Paris. La rue Sainte-Anne et ses petites voisines nous amènent dans le Tokyo de Paname.
    Au coin de la rue Thérèse et de la rue Sainte-Anne, beaucoup ne jurent que par SAPPORO dont la réputation est très exagérée. Mais à 10 mètres de là, en remontant la rue Sainte-Anne vers l'Opéra, sur le même trottoir, on s'arrête devant chez KUNITORAYA. De l'extérieur, tout paraît minuscule. Bien vu : seules 15 personnes suffisent à rendre l'endroit bondé! (en fait une seconde salle se trouve en sous-sol mais, ayant une sainte horreur de dîner en cave, je n'y suis jamais descendu).
    Passez le seuil, vous êtes au Japon. L'atmosphère est presque suffocante, tout le monde s'agite autout de vous. Mais personne ne crie pour annoncer les plats, le service s'exécute avec fluidité, sans perdre d'énergie. Je commande bien sûr un bol de KAMO UDON, bouillon de UDON au canard toujours impeccablement cuit, au fondant assez incroyable.
    François Simon (le critique gastronomique au Figaro, qui se réincarnera sans doute en virtuose du sumi-e lorsque sera pour lui venu le moment d'aller tester le matériel) aimerait sûrement cette cantine pour tout ce qui en transpire de sain, de simple et de vrai. Il faudrait que je lui en parle.
    Pour le paraphraser : "faut-il y aller?" Bien sûr que oui. Tout de suite? Et plus vite que ça..
    KUNITORAYA. 39 rue Sainte-Anne, 75001 Paris, tél : 07 47 03 33 65. Ouvert tous les jours de 11h30 à 22 h. Attention, chiens et cartes de crédit ne sont pas acceptés.




    vendredi 2 juillet 2010

    The YEATMAN à PORTO, obrigado!




    Si vous etes amoureux du vin, Porto est forcément faite pour vous. La ville compte parmi mes destinations préférées.

    Classée au patrimoine mondial par l'Unesco, Porto, c'est l'avant-poste idéal pour tout voyageur à destination (vineuse) de la vallée du Douro (également classé par l'Unesco) dont vous ne devriez pas revenir indemne (voir mes posts de 2009 en cliquant ici).

    Les tripeiros (habitants de Porto) sont de sacrés bosseurs mais on n'est pas forcé de les suivre à fond, Porto peut facilement rimer avec villégiature, sur deux jours. Quelles sont les meilleurs adresses?

    Pour une fois, offrons-nous le grand luxe. Je vous recommande le Yeatman, qui va prochainement ouvrir, dont j'avais visité les travaux lors de ma visite chez Taylor. Il domine le quartier historique de Vila Nova de Gaia où sont implantées toutes les Maisons de Porto.

    Comme tous les hôtels chics, il comporte un spa (avec vinothérapie) mais surtout, de l'hôtel, la vue est extraordinaire sur la ville.

    On y déguste très confortablement la gamme des mythiques portos de la Maison Taylor.

    A partir de 150 euros pour deux.

    le site du Yeatman

    Rua do Choupelo
    4400-088 Vila Nova de Gaia
    + 351 22 013 42 00









    jeudi 17 juin 2010

    QUI L'EUT CRU? Le fromage pasteurisé plus fragile que celui au lait cru


    La nouvelle est réjouissante et piquante comme un Vieux Lille au lait cru tel qu'on les aime...

    L'industrie laitière tente de nous faire croire depuis des années que le fromage issu de lait pasteurisé est plus sûr que celui fabriqué à partir du lait cru.

    On se souvient en particulier de la tentative récente (2008) d'"intoxication" de l'INAO par deux des plus gros importants groupes producteurs de camembert français (Lactalis et Isigny-Sainte Mère, plus de 80% du marché du camembert). Ils avaient tenté de faire accepter l'idée à l'INAO (Institut de l'origine et de la qualité) qu'un camembert de Normandie AOC pouvait être fait sans lait cru. En vain.

    Mais reste toujours cette suspicion sur le lait cru, un lait cru forcément moins safe que le tout pasteurisé dont les industriels et leurs actionnaires rafollent.

    Une unité de recherche de l'INRA (Institut de recherche agronomique) de Clermont-Ferrand vient justement de démontrer exactement le contraire. L'équipe (Émilie Retureau, Cécile Callon, Robert Didienne, Marie-Christine Montel. INRA, UR545 Recherches Fromagères, à Aurillac) placée sous la direction de la chercheuse Marie-Christine Montel, a planché à fond sur le Saint-Nectaire et les populations spécifiques de listeria monocytogenes, très néfastes pour la santé comme on le sait (listériose).


    Il est amusant de remarquer qu'alors même que l'on déconseille aux femmes enceintes la consommation de fromage au lait cru, c'est plutôt, au vu de ces recherches, le contraire que les médecins devraient faire! En clair, déconseiller aux femmes enceintes les fromages issus de laits microfiltrés, thermisés ou pasteurisés et, au contraire, ne plus les mettre en garde contre le lait cru.


    Pourquoi? Dans les fromages versions "lait cru" se développent des "communautés microbiennes complexes qui les protègent contre le développement de la bactérie listeria monocytogenes". Ce serait grâce à la biodiversité microbienne des fromages au lait cru que leur propre défense serait assurée...


    Biodiversité, encore une fois...

    Référence INRA cliquez ici

    Y en aura pas pour tout le monde : les Assyrtikos d'Hatzidakis chez Crus & Découvertes

    Je m'explique, mais pas trop longtemps quand même, car il s'agit de se magner le popotin pour faire main basse sur les quelques caisses disponibles de ce vin blanc sec unique au monde et aux parfums du grand large (proposé chez Crus et découvertes entre 16 et 29,50 euros).
    Un seul cépage compose ces vins, l'assyrtiko. Vous avez vite comprendre : ca se passe dans les îles grecques, sous le soleil et sur l'île de Santorin, exactement.
    On y cultive ce cépage incroyable dans les conditions que vous imaginez : du soleil, beaucoup de vent, des ceps courbés, tout cela est d'une violence folle.
    On retrouve tout ça dans les vins d'assyrtico de Santorin, en général et surtout, dans ceux du Domaine Hatzidakis (en bio) que j'avais eu la chance de visiter en 2004.
    Le problème : ils sont introuvables en France. Ben oui, les vins grecs, vous en connaissez beaucoup, vous des amateurs de vins qui les ont déjà essayés?
    C'est le moment où jamais.
    Et puis ce petit caviste de la rue Paul Bert, à Paris, à la lisière du 11 et du 12 eme (métro Faidherbe-Chaligny) est non seulement sympathique, un vrai passeur de vins, mais il se trouve à quelques mètres de l'un de mes bistrots à vins préférés à Paris, le Bistrot Paul Bert.
    A vous de jouer maintenant.


    Crus et decouvertes
    7 rue paul bert
    Paris 11è
    01 43 71 56 79












    mardi 15 juin 2010

    J'Y SERAI LUNDI PROCHAIN

    Le vignoble du Priorat...
    Du côté de Gratallops, Falset, Toroja et El Lloar, à 2 heures de route au sud de Barcelone,
    Je suis heureux d'y être à nouveau, ses collines me manquent
    Programme extrêmement chargé entre lundi et jeudi
    Je vous ramène des images de mon reportage (à paraître dans le numéro de septembre de la RVF), promis



    vendredi 11 juin 2010

    mercredi 9 juin 2010

    OENOTOURISME : ils sont géniaux, ces valaisans...





    Le Valais est l'une des destinations majeures en Europe pour tous les amoureux du vin. Pas simple, pourtant de s'y retrouver dans ces pentes vertigineuses où se cachent parfois les plus grands vignerons.

    Vous avez un iphone? Les valaisans ont imaginé ceci : une application gratuite, simple, intuitive, intelligente, qui permet notamment de repérer en temps réel les encaveurs du secteur où vous vous trouvez, au fil du très fameux chemin du vignoble (Weinweg) entre Martigny et Loèche.

    Un exemple dont tous les syndicats viticoles en France feraient bien de s'inspirer, à bon entendeur...


    mercredi 26 mai 2010

    Une étape voluptueuse au coeur des grands crus de Bourgogne

    Le village de Vosne-Romanée, entre Dijon et Beaune. C'est là que se trouve le Domaine de la Romanée-Conti, et les vins les plus prisés de la planète.

    Vosne est une sorte d'épicentre Richter 8, faites le test avec un amoureux du vin en prononçant juste "Vosne-Romanée", vous verrez, j'en rigole déjà.

    Le drame est qu'à Vosne, mis à part les vignes et les vignerons, il n'y a pas grand' chose.

    Y dormir? Hum, pas simple. Mon adresse à moi y est d'autant plus précieuse. Au coeur du village, chez la vigneronne Anne Gros.

    Les vins d'Anne, parlons-en, sont taillés comme des diamants, dans un style où jamais la pureté ne fait défaut. On ne déguste pas son Richebourg, son Clos-Vougeot ou son Hautes-Cotes-de-Nuits blanc (dont je raffole aussi), on écoute le chant d'une terre singulière. Bien sûr que les grands bourgognes nous dépassent. Bien souvent, devant ces vins, les mots viennent difficilement, même pour nous, à qui on prête des talents d'experts. On ne boit pas ces vins, ce sont eux qui nous mettent à leurs pieds. Parfois on ne sait même plus très bien comment on s'appelle après de telles émotions mystérieuses.

    Pas d'esbroufe, jamais de clinquant à Vosne, inutile de jouer les hobereaux, les gens du village savant très bien que tout n'est qu'intériorité dans ces vins. Les vignes sont là, autour du village, et c'est tout.

    Il arrive qu'ils vous prennent doucement à la gorge, ces ceps, par surprise, comme leurs vins. Je ne chanterai pas la litanie des grands crus de Bourgogne. Le terroir n'est rien sans le geste du vigneron qui l'interprète, qui donne sa vie pour lui. Anne partage désormais sa vie entre la Bourgogne et un paradis secret en Minervois ou elle joue une autre partition avec le même ciselé d'archet.

    Ses vins s'arrachent entre amateurs mais Anne Gros a pensé au gîte de ses clients et des autres voyageurs de passage. D'où cette maison d'hôtes de la Colombière, surgie il y a 3 ans, et que je vous recommande. Depuis le début du tournage de mon film sur le Domaine de la Romanée-Conti, j'y dors avec mon équipe. Tiens, j'y serai demain soir, justement. Je penserai à vous. Ma chambre préférée, les Verroilles, 75 euros pour deux.









    MAISON D'HÔTES LA COLOMBIÈRE - 11, rue des Communes - 21700 Vosne Romanée
    Tél : 03 80 61 07 95 - Fax : 03 80 61 23 21 - E-mail : 
    domaine-annegros@orange.fr et www.maison-lacolombiere.com/fr/acti_oeno.htm

    Epatantes activités oenotouristiques, dont une lecture du paysage avec dégustation. 











    TERROIRISTES CORSES



    http://www.larvf.com/,video-corse-millesime-2009-conseils-achat-vin,12580,1116639.asp



    Cliquez sur le titre du post pour activer la video.







    .

    L'outil qu'il vous faut : la carafe RAIN MAN





    Je vous le répète régulièrement : il vous faut aérer les vins jeunes (moins de 3 ans d'âge) que vous buvez. Si vous ne prenez pas cette peine, le vin vous fera la tronche et c'est bien normal. Ca vous plairait, à vous, qu'on vous laisse recroquevillé dans une caisse pendant 2 ans? Et puis, tout d'un coup, on vous déplie, on vous met en pleine lumière, vous êtes aveuglé, des tas de gens alentour parlent de vous comme du nouveau-né que l'on vient visiter à la clinique?
    Non? Pour le vin c'est pareil.


    Le vin, c'est vivant, et la vie a besoin d'air.


    On peut bien sûr aérer directement son vin dans son verre, en le faisant tourner par le pied ou la jambe, comme les pros (le swirl, comme disent les angliches, ça pose toujours son homme). Mais on peut faire plus simple, en passant la vin en carafe, dans une jolie carafe comme celle-ci, parfaitement design et originale, que la designer suédoise Matilda Sundén Ringnér, pour le verrier Skruf Glasbruk.


    Non, c'est pas du IKEA, vous me le recopierez 20 fois, le nom de Matilda, pour votre peine.


    Vous le savez, je considère qu'un produit doit être accessible à tous. Vous ne percerez pas vos poches en payant le Rain Man Decanter, puisque on peut l'acheter en ligne à 39 euros ici.


    ou ici aussi, 5 euros plus cher.


    Je vous installe aussi le site de la designer en question.


    Non, non, je vous en prie, ça me fait plaisir.

    jeudi 20 mai 2010

    JUBILATOIRE et avec deux bouts de ficelle





    Vous le savez, j'essaie à chaque fois que je peux, de vous amener sur les chemins de la simplicité.

    Avouez-le, en l'espèce, comme disent les juristes, on ne peut pas faire mieux.

    Ce Pierre Lota, c'est peut-être vous, au fond, je trouve que vous vous compliquez trop la vie, et je ne suis pas le premier à vous le dire, pas vrai?

    Alors, faites simple.

    Et buvez frais.