jeudi 12 novembre 2009
LA MAIN AU PANIER : le poivre de SELIM
Un jour, c'est promis je vous chanterai la passionnante et longue histoire du poivre.
En attendant, et en version acoustique, je vous glisse à l'oreille la sonorité si belle du Selim, faux poivre extraordinaire que je recommence à beaucoup utiliser depuis quelques semaines car n'oublions pas que la saison des soupes d'hiver a débuté.
Aucun dîner d'hiver ne devrait commencer avant une bonne soupe de légumes frais malicieusement relevée d'un tour de moulin de grand poivre. Eh, oui, le plaisir des sens, c'est dans ces détails-là qu'il se cache, croyez-moi.
Du poivre de Selim, disais-je. En réalité un ingrédient de la famille des faux poivres puisqu'il n'est autre qu'un fruit séché (de la famille des annonacées, de son vrai nom Xylopia aethiopica). On le reconnait par sa forme de haricot qui renferme des grains assez durs, difficiles à moudre.
Ça y est, vous y êtes, c'est moulu? Sentez-moi ça : un incroyable bouquet d'arômes de bois précieux, de résine, d'eucalyptus, hum, ce poivre mérite vraiment qu'on se donne du mal pour faire main basse sur quelques grammes.
Où j'achète mon SELIM? Chez Goumanyat-JM Thiercelin, pardi! (3 rue dupuis, 75003 Paris, Tél. 01 44 78 96 74). How much? En version concassé, environ 5 € les 35 grammes. Sur l'étiquette, il est écrit "provenance Tonga" mais il provient plus vraisemblablement du Togo.
On y trouve également en vente le modèle d'outil que j'utilise, la rolls du poivrier, un William Bounds en céramique à 3 positions de grosseurs de grains. (35 € env.) voir ma photo (pas très artistique pour le coup, sorry)
Photo copyright THOMAS BRAVO-MAZA sur tous supports pour tous pays
MES AVENTURES DANS LES VIGNES : la Moselle allemande
Une planque de deux heures pour réaliser cette photo du panorama qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, à Trittenheim.
Non, loin de là, le grand vigneron Gerhard Grans (weingut Grans-Fassian), à Leiwen. Avis aux amoureux de grands rieslings!
Mes petits plaisirs solitaires, à table et avec vue...au restaurant Wein und Tafelhaus, à Trittenheim.
Vertige encore avec Thomas Hagg (Weingut Schloss Lieser, à Lieser), l'un des vignerons les plus en vue de la Moselle, on en reparlera.
Photos Copyright Thomas Bravo-Maza, sur tous supports, pour tous pays.
dimanche 1 novembre 2009
Ne ratez pas ce documentaire exceptionnel
Le 13 octobre dernier, la chaîne ARTE a diffusé "Déchets, le cauchemar du nucléaire", une enquête d'Eric Gueret et Laure Noualhat, réalisée par Eric Gueret.
La télévision va assez rarement aussi loin dans l'exposé minutieux des faits. Rien que des faits.
Au final, des révélations foudroyantes qui doivent être connues de tous.
On peut se procurer le DVD du film en suivant le lien suivant :
http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Dechets--le-cauchemar-du-nucleaire/2766888.html
mardi 27 octobre 2009
BULLES INTELLIGENTES
Tous les ans c'est pareil. A l'approche de l'hiver et des fêtes, on commence à me causer de bulles. Eh, Thomas, t'aurais pas un truc qui pétille à me conseiller mais qui coûterait moins cher que le Champ'?
Bien sûr que oui.
Fissa, je vous refile un tuyau, celui-là, c'est de la première bourre.
Et c'est un Crémant de Bourgogne, un simple Crémant. Vous savez, le Crémant c'est pour beaucoup de gens un peu le Champagne du pauvre. Vous savez bien, je veux parler de celui qui aimerait bien rouler en Aston Martin mais qui devra la semaine prochaine faire passer pour la onzième fois consécutive au contrôle technique sa Talbot Samba.
Or celles et ceux qui ne roulent pas sur l'or ont aussi droit au bonheur. Et pas qu'une gorgée.
Certains fidèles lecteurs le savent, Jean-Pierre Coffe et moi, à l'époque où nous avions nos guides des vins à moins de 10 euros, n'avons eu de cesse de casser cette vision des choses. Le Crémant, si le vigneron y met du coeur à l'ouvrage, n'a rien d'un ersatz. Pas évident du tout à réaliser, un beau Crémant a sa personnalité propre, et ça doit mettre en joie, c'est juste son mode d'élaboration qui le rapprocherait d'un Champagne (on parle alors de méthode champenoise).
Un Crémant peut aussi avoir son terroir et c'est là que mon tuyau devient bigrement alléchant. Pourquoi? Parce que sur les terroirs calcaires du secteur de Chablis, dans le nord de la Bourgogne, les vins ont un côté tranchant qu'on ne retrouve qu'en de très rares endroits ailleurs dans le monde.
Ce Crémant emprunte le style tranchant et marin de ce coin béni de l'Yonne. Pour quelle raison?
Souvenez-vous de ce message que répète inlassablement. Un vin, c'est une partition (un terroir, une origine) dont le grand oeuvre peut être complètement bousillé si le vigneron n'a pas la main ou s'il adore le style d'André Rieu.
Or, la vigneronne de ce Crémant (Clotilde Davenne, ancienne maître de chai de l'excellente maison Jean-Marc Brocard, qui fait cavalière seule depuis quelques années) a eu l'excellente idée d'associer dans ce vin 2/3 de pinot noir du village voisin d'Epineuil (renommé pour ses rouges) et 1/3 de chardonnay du village de Prehy (super coté pour ses Chablis).
Du terroir, je vous dis. Résultat? C'est de la bombe, bébé. Au nez, une vraie prise de tête, c'est riche, pimpant mais sans esprit putassier, sans être spécialiste, on perçoit des arômes qui vous causent en vous regardant bien droit dans les yeux, je ne dirai pas lesquels, à vous d'abattre un peu de boulot, quand même! En bouche, c'est encore bien présent (ce Crémant est un 2006), c'est rond, sensuel, assez long, très classe, oui c'est exactement ça, très classe.
Et pour quel prix ma bonne dame? On devrait se situer bien au-dessous de 10 euros, j'attends précision et je vous la donne aussi sec. Mais de toute façon ce domaine (réputé à juste titre pour ses Chablis également) ne bastonne pas sur les prix.
PS : la vigneronne vient de me répondre : 8,50€ la bouteille. Il en reste encore une petite quantité à la vente.
Domaine des Temps perdus, 3 rue de Chantemerle 89800 Chablis, Tél. 03 86 41 46 05. Allez, puisque c'est vous, je vous fais tomber le n° de mobile de la vigneronne : 06 83 06 07 14.
Photos copyright THOMAS BRAVO-MAZA sur tous supports pour tous pays
lundi 26 octobre 2009
LA MAIN AU PANIER : bigre, des carottes!
La carotte, c’est d’abord un bruit. Comme une envie de croquer dans la vie à pleines dents. Pour nous tous, la carotte c’est aussi une couleur, l’orange mis à part ses fanes couleur vert tendre. Et pourtant, la carotte n’a pas toujours été orange ! Eh oui, c’est seulement depuis la Renaissance que la carotte se pare d’un orangé vif, pour des raisons commerciales car sa couleur blanchâtre était jugée trop fade par les marchands.
L’origine de la carotte ? Certains parlent de l’Asie Mineure, d’autres spécialistes, de l’Afghanistan. Reste que le premier témoignage de sa culture maraîchère remonte au Xème siècle, en Iran. Puis elle s’étend en Espagne au XIIème siècle, avant de conquérir l’Italie et la France, deux siècles plus tard. On comprend son succès : riche en sucre, en eau, la carotte est également riche en vitamines, notamment la fameuse provitamine A, le carotène, dont les anciens reconnaissaient déjà la vertu de renforcer l’acuité visuelle. Mais comme tous les légumes riches en fibres et vitamines, la carotte joue un rôle bénéfique dans la prévention des maladies cardio-vasculaires et l’apparition de certains cancers.
Mes conseils pratiques
Cap sur la presqu’île du Contentin, en Normandie, pour dénicher la « Rolls » des carottes : la carotte des sables de Créances Label rouge. C’est un peu ce qu’est l’agneau de pré salé à la viande : son goût très fin est dû à son mode de production, dans les mielles, c'est-à-dire ces zones de plaines sableuses qui côtoient la mer. Ne l’épluchez surtout pas – comme les carottes primeur, du reste – frottez-là tout au plus sous un filet d’eau pour préserver ses vitamines – elles se nichent juste sous l’épiderme – et sa saveur qui en fait une vraie friandise.
L’origine de la carotte ? Certains parlent de l’Asie Mineure, d’autres spécialistes, de l’Afghanistan. Reste que le premier témoignage de sa culture maraîchère remonte au Xème siècle, en Iran. Puis elle s’étend en Espagne au XIIème siècle, avant de conquérir l’Italie et la France, deux siècles plus tard. On comprend son succès : riche en sucre, en eau, la carotte est également riche en vitamines, notamment la fameuse provitamine A, le carotène, dont les anciens reconnaissaient déjà la vertu de renforcer l’acuité visuelle. Mais comme tous les légumes riches en fibres et vitamines, la carotte joue un rôle bénéfique dans la prévention des maladies cardio-vasculaires et l’apparition de certains cancers.
Mes conseils pratiques
Cap sur la presqu’île du Contentin, en Normandie, pour dénicher la « Rolls » des carottes : la carotte des sables de Créances Label rouge. C’est un peu ce qu’est l’agneau de pré salé à la viande : son goût très fin est dû à son mode de production, dans les mielles, c'est-à-dire ces zones de plaines sableuses qui côtoient la mer. Ne l’épluchez surtout pas – comme les carottes primeur, du reste – frottez-là tout au plus sous un filet d’eau pour préserver ses vitamines – elles se nichent juste sous l’épiderme – et sa saveur qui en fait une vraie friandise.
Il ne faut pas le pleurer, il faut le lire pour le garder toujours vivant
Adieu à Jacques Chessex
Par Jérôme Garcin
Souvenez-vous de sa voix. Elle était chaude, douce, onctueuse - une voix de velours. Souvenez-vous de ses gestes, ils étaient amples, lents, apaisés, apaisants.
Souvenez-vous de sa prose, l'une des plus belles qu'il nous ait été donné de lire, elle était comme coulée dans le marbre que le temps n'atteint pas. Souvenez-vous de son autorité calme et de sa grandeur d'âme. Les excès, les polémiques, les provocations, les incartades, les rebuffades - il en faut, Dieu merci, dans une vie d'homme qui croit à ses idées - ne disent rien du vrai Jacques Chessex dont la seule raison d'être a été la littérature, et dont la seule raison d'écrire a été d'apprendre à mourir.
Des vers de jeunesse du «Jour proche» à son ultime récit, sur le crâne de Sade, le crâne !, des premiers effrois à la sérénité conquise, de romans en nouvelles, de poèmes en essais, de portraits en souvenirs, l'œuvre immense de ce travailleur acharné ne dit que cela : le monde des vivants jouxte le séjour des morts, comme sa maison de Ropraz jouxtait le cimetière adossé au bois du Paradis, et l'on ne se prépare jamais trop tôt à franchir un jour la porte.
Qu'il rende gloire à son maître Flaubert, qu'il célèbre ses paysages vaudois auquel il fut plus attaché qu'un chêne, qu'il décrive la détresse de son père suicidé, qu'il réclame justice pour un juif assassiné, qu'il confesse son «Désir de Dieu», qu'il chante l'amour de la femme ou le passage des oiseaux, des «glisse-en-l'air», Chessex n'a jamais cessé d'interroger ce grand mystère : qu'y a-t-il derrière, qu'y a-t-il après, qu'y a- t-il au-delà, qu'y a-t-il qu'on ne sait pas ? Aujourd'hui, Jacques a enfin la réponse. Il en aurait fait un très grand livre, que nous ne lirons jamais.
J'aimais et admirais Jacques depuis quelque trente-cinq ans et le mot qui me vient à l'esprit au moment de lui dire adieu est : fidélité. A Sandrine, à ses fils François et Jean, à Grasset, à son pays, à ses territoires, à ses renardes, à la langue française, à sa vocation, à ses obsessions, à ses convictions. Et comme je ne crois pas au hasard, je veux rappeler qu'il est mort debout, et au milieu des livres. Désormais, il ne faut pas le pleurer, il faut le lire pour le garder toujours vivant.
J. G.
Texte prononcé dans la cathédrale de Lausanne, le 14 octobre, pour les obsèques de Jacques Chessex
dimanche 25 octobre 2009
UNE EXPERIENCE POETIQUE
Scarlatti dans le métro, et si c'était vous?
Regardez plutôt ça :
Regardez plutôt ça :
http://www.youtube.com/watch?v=2lXh2n0aPyw
vendredi 23 octobre 2009
MES AVENTURES DANS LES VIGNES, le Douro, Portugal
De haut en bas,
Coteaux du secteur de Pinhão au terme d'une marche très aérienne
Farniente à la Quinta Nova De Nossa Senhora Do Carmo
Environs de Casais do Douro
Secteur de Adorigo
La vigneronne Rita Marquès, maîtresse de Conceito
Environ de Valença do Douro
Nirk Van Der Niepoort, figure emblématique du renouveau en Douro



Photos copyright THOMAS BRAVO-MAZA sur tous supports pour tous pays
MES AVENTURES DANS LES VIGNES, les Corbières


De haut en bas :
Vignes perdues dans le massif
Château d'Aguilar
Roland Feuillas, boulanger à Cucugnan
Avec mon pilote, l'un des grands spécialistes français du vol en ULM, Gérard Landry (aerodrome de Béziers-Vendres)
Au-dessus de Lagrasse
Photos Copyright Thomas Bravo-Maza, pour tous supports et tous pays
JACQUES PERRIN, l'homme qui a changé l'eau en vin
Je ne résiste pas au plaisir de publier un article de mon confrère Xavier Lafargue tout récemment paru dans le quotidien suisse LA TRIBUNE DE GENEVE.
Le sujet : Jacques Perrin. Non le producteur - qui sort le 27 janvier, j'y reviendrai, un formidable film dont le thème est l'eau - mais bien l'homme du vin (lui, à changé l'eau en vin).
L'eau, Jacques Perrin l'admet volontiers (je l'ai vu boire une fois un verre d'eau en face de moi, je peux remettre une attestation dûment signée sur simple demande); il l'admet cette eau, mais dure. Dame! C'est sur la glace crissante qu'il préfère enfoncer ses crampons de vrai montagnard.
Le vin qui désaltère et rassénère comme l'eau de source, Jacques Perrin a été l'un des tous premiers en Europe a en pressentir les bienfaits, à l'heure, au début des années 90 où les premiers vins pommadés commençaient à envahir le marché.
Il a dés lors tissé des liens solides avec quelques-uns des plus vignerons de notre temps. Tiens, il y a quinze jours, justement, Jacques dînait avec Angelo Gaja et m'avait convié tout simplement à venir les rejoindre. Une conf' tardive à l'émission A bon entendeur m'a empeché. Je m'en mords encore les doigts...
Je ne vais pas vous tenir des plombes au sujet de notre ami, de thuriféraire, no way! Jacques Perrin est toujours vivant, bel et bien.Bel et bien.
Et puis parler de lui me donne soif, permettez-moi de vous laisser pour filer dans la cuisine d'envoyer un p'tit coup de blanc comme nous les aimons tant.
En exergue, un cliché que j'ai pris en janvier dernier durant une visite commune à Ampuis, chez René Rostaing.
Depuis un quart de siècle, Jacques Perrin donne au vin ses lettres de noblesse
Portrait | Dégustateur et négociant, le fondateur de CAVE SA règne sur un empire de 250 000 bouteilles.XAVIER LAFARGUE | 17.10.2009 | 00:00
Jacques Perrin vit de la vigne depuis un quart de siècle. Quoi de plus normal pour un Valaisan d’origine. Pourtant, ce n’est pas le raisin qu’il cultive, mais l’art de le faire connaître. Aujourd’hui, il dirige un petit empire baptisé CAVE SA, qui fête ces jours ses 25 ans. A Gland, centre névralgique de ce négoce, sont entreposées près de 250 000 bouteilles. Parmi lesquelles de tout grands crus, et d’autres plus discrets, que l’œnologue philosophe se réjouit de faire découvrir aux 7000 membres du Club des Amateurs de Vins Exquis.
Philosophe? C’est par là que tout a commencé. «J’ai en effet suivi des études de littérature française et de philosophie au Collège Saint-Maurice, avant de poursuivre en lettres à l’Université de Genève», explique Jacques Perrin. A 24 ans, licence en poche, arrive alors l’un des premiers carrefours de sa vie, comme il les appelle. «Monter à Paris et continuer la carrière universitaire, ou devenir prof de philo ici, au Collège Voltaire. J’ai choisi la seconde option.»
Dix ans d’enseignement qui lui ont laissé d’excellents souvenirs «et beaucoup de temps pour m’adonner à ma passion, la cuisine et le vin», dit-il. Le prof part à l’école du goût. Un stage chez Girardet, inoubliable, «mais je voulais bouger». Cette soif de paysages et de rencontres l’entraîne sur la route des vignobles. A l’époque où les Genevois visitent la Bourgogne ou le Beaujolais, il s’aventure dans le Languedoc, l’Italie de sa maman et le Jura, à la poursuite du vin jaune et des crus d’Arbois.
Ici intervient un deuxième carrefour. «Lors d’un cours à Changins, en 1984, des amis m’ont proposé d’ouvrir un bar à vins, Le Ballon Rouge, et créer un club d’amateurs, le CAVE, à Genève.» Le concept était novateur. Trop, peut-être. «J’enseignais toujours, tout en allant chercher des vins en France, en camion. Et je confectionnais les terrines de foie gras chez moi, aux Pâquis», se souvient ce Sierrois né le 28 février 1954. Si le Ballon Rouge se dégonfle en 1986, le CAVE se rebiffe. Son fondateur prend une année sabbatique, pour continuer l’aventure. «Le CAVE avait près de 400 membres à l’époque.» Il ouvre un premier espace dans un deuxième sous-sol, 5, cours des Bastions, puis quitte l’enseignement. Il acquiert l’entrepôt de Gland en 1991. La machine est lancée.
Passionné de varappe (il a d’ailleurs eu un grave accident en 2006), ce papa de deux filles a depuis gravit tous les échelons du goût. Dégustateur reconnu dans le monde entier, il a lancé les cours d’œnologie, «c’est mon côté pédagogique», confie-t-il. Membre permanent du Grand Jury Européen (GJE), des experts venus concurrencer le monde des cotations, il a reçu en 2008 le Grand Prix de la presse du vin. Consécration pour cet inconditionnel… de la plume. Car Jacques Perrin adore décliner le vin au travers de mille et un écrits: son blog, Mille plateaux, où il a signalé le premier la disparition de son ami gastronome Pascal Henry, les publications du CAVE et son site Internet. «J’écris chaque jour. L’écriture est aussi l’une de mes passions.»
Le Valaisan pense que le métier de négociant rejoint celui de l’éditeur. «On reçoit un vin, on le teste comme on lit un manuscrit, puis on le met en vente ou non, selon la ligne «éditoriale». Mais on doit prendre des risques, ne pas vendre que les grands vins, comme on ne publierait que les grands écrivains. Ça, chacun sait le faire. Le vrai défi de qualité, c’est de mettre la barre très haut sur des vins à moins de 15 francs.»
Lui-même vient de passer de l’autre côté de la barrière, en publiant Dits du gisant, aux Editions de l’Aire. «Le vin a exigé de moi deux sacrifices: la montagne, que j’ai délaissée pendant presque vingt ans, et l’écriture dans une optique littéraire. J’ai renoué avec cette dernière, mais je sais qu’on ne peut pas nourrir plusieurs passions à la fois.» Jacques Perrin serait-il à un nouveau carrefour de sa vie?
Photo copyright THOMAS BRAVO-MAZA sur tous supports pour tous pays
mercredi 21 octobre 2009
VOUS FUMEZ LE CIGARE? Christian Drevelle aussi
Vous n'avz pas encore renoncé à fumer le cigare? Christian Drevelle aussi. Sauf que lui, c'est dans ses propres caves à cigares qu'il conserve ses modules rassasiants.
La raison à cela? Christian Drevelle est l'une des figures les plus marquantes du monde de l'ébénisterie de ces vingt dernières années, un artisan d'art ultra discret dont l'une des spécialités est la marqueterie.
Le rencontrer dans son atelier de Cognac n'est pas si simple, notre homme est fort occupé, vous vous en doutez bien. Mais je vous donne le mot de passe : le vin.
Copyright photo Thomas Bravo-Maza, sur tous supports pour tous pays.
Allons-y, Alonso! Une merveille de table à Sorgues (Vaucluse)
C'est à Sorgues - l'un des villages les plus hideux des alentours d'Avignon - que j'ai récemment déniché l'une des meilleures tables de la région.
La cuisine est signée Gérard Alonso, que les sybarites bourguignons ont bien connu.
Rien ne vaut la simplicité lorsqu'elle vous est offerte avec autant de joie.
Les prix? Comptez entre 30 et 50 € par pers.
Fous de vins, mettez-vous en survet', ça va soulever de la fonte!
19 AVENUE DU 19 MARS 1962 84700 Sorgues
Tél. : 04.90.39.11.02
CA PEUT PAS FAIRE DE MAL : l'ail
Où sommes-nous ? En Provence. Et qu’est ce qu’on y mange ?
De L’ail.
C’est vrai, l’ail a mauvaise réputation. Aie, aie, aie…on le suspecte de mal se digérer, de donner une haleine de bœuf…Sait-on au moins que l’ail est bactéricide, fongicide, vermifuge, et même bon pour les voies respiratoires ?
L’ail est un alicament, c’est à dire un aliment et un médicament. Au cours de la grande peste de Marseille, en 1726, quatre voleurs très malins s’étaient même protégés de la contagion en ingurgitant un mélange d’ail et de vinaigre…et pillèrent à leur guise les maisons des malades…
La sexualité de l’ail, parlons-en. Ou plutôt n’en parlons pas puisque l’ail n’en a pas : c’est grâce à ses bulbilles – de petits bulbes – qu’il se reproduit sous terre de manière originale.
La culture de l’ail, on la doit aux mongols puis aux chinois, via la route de la soie. Mais en 1330, Alphonse de Castille l’interdit en Espagne. Notre Henri IV croquait, lui, une gousse dès le réveil. Grâce à Hérodote, on sait même que l’on doit à l’ail les premières grèves de l’Histoire, sous les Egyptiens, lorsque les 100.000 ouvriers bâtisseurs de pyramides ne pouvaient plus s’en nourrir…
Mes conseils pratiques
Ail blanc – le plus répandu –
…
Ail violet – plus farineux –
…
Ail rose de Lautrec – le meilleur, la star –
…
Et même le rarissime ail rocambole, très long en bouche.
Ah, sur une tartine de bon pain, frotté, comme ça…avec juste un filet d’huile d’olive…Rien de plus simple, moi, ça me fait chavirer…
Mais, mais mais… De grâce, ne commettez plus un crime : le coup de couteau dans le gigot pour le fourrer de gousses d’ail. S’en suit une hémorragie de jus, un crime, je vous dis ! La solution : placez de l’ail en chemise (à carreaux) autour du gigot, Tel Charles Ingalls, il se relèvera bien vite les manches et fera son travail.
JE NE MANGE JAMAIS DE FRAISES EN HIVER
J'aime vous faire saliver, vous le savez bien. En l'espèce avec un certain esprit pervers car de fraise, point...jusqu'au printemps prochain.
Raison de plus pour en parler calmement.
La colère, je la laisse à celles et ceux qui auront l'excellente idée d'aller voir les deux formidables émissions de A bon entendeur sur le sujet.
C'est ici :
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=311201&sid=4834004
puis là :
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=311201&sid=5700161
Ca y est, c'est visionné? Bien, maintenant vous savez.
Mais savez-vous que "fraise" et "parfum"…sont cousins? En latin, ces deux mots ont la même racine.
Hum…fermons les yeux et songeons au mois de mai...les beaux jours arrivent, les fragrances de la fraise nous enivrent...
Pour les indiens de la tribu OJIBWA, dans l’Ontario, l’âme des défunts erre jusqu’à ce qu’elle rencontre le parfum d’une fraise bien mûre…pour enfin reposer en paix.
Revenons sur la terre ferme. Le saviez-vous? La fraise, comme la figue, est un faux fruit. Le vrai fruit de la fraise, ce sont ses petites graines, les Akènes.
Mais d’où viennent les fraises ? Vous allez voir, l’histoire est savoureuse. Louis XIV, qui avait des vues sur le Chili, chargea un ingénieur militaire breton d’espionner les côtes chiliennes. Son nom ne s’invente pas : François-Amédée Frezier ! Notre ingénieur eut tôt fait de découvrir aussi une variété de fraises à gros fruits juteux dont il ramena des plants dont un seul survit au long voyage de retour jusqu’à Plougastel.
Catastrophe ! Les pants ne fructifient pas !
La réponse viendra de Jussieu : pour le botaniste, c’est tout simple : la variété ramenée par Frezier est à pistils – donc femelle – et il faut la féconder avec une variété mâle…à étamines, et le tour est joué !
Mes conseils pratiques
Sur les 70 variétés de fraises qui ont été crées, on trouve absolument tout et n’importe quoi…Et surtout quand c’est pas la saison ! Au rayon du pire : l’énorme fraise Camarosa, dans les étals même en hiver, pouah....
Et pourtant, et pourtant… une fraise que vous croquez et qui vous explose en bouche de son jus parfumé, Ah, ça c’est vertigineux ! Une fraise des bois ? Très rare, hors de prix. Tâchez plutôt de dénicher une variété qui s’en rapproche bigrement : la mara des bois. Autre avantage : cette variété est « remontante » : c'est-à-dire que l’on en obtenir deux récoltes successives, un pur bonheur, entre mai et septembre…pas davantage !
mardi 20 octobre 2009
A NA PAS MANQUER : un documentaire sur la danseuse Sylvie Guillem, sortie prévue le 19 octobre en DVD
Sylvie GUILLEM, sur le fil
Françoise Ha Van
Un portrait de Françoise Ha VanExtra: Guillem au fil des saisons
« C’est étrange, et plus fort qu’elle, l’étoile Sylvie Guillem le dit et le répète : « Je vais toujours vers ce que je ne sais pas. Alors j’ai peur, et je déteste cette peur, mais je ne peux m’empêcher d’y aller ! » Ce besoin incoercible d’inconnu, conjugué à une crainte panique de « ne pas être à la hauteur », rythment, telle la musique du désir, le film Guillem, sur le Fil, réalisé par Françoise Ha Van. Connue et reconnue dans le monde entier, acclamée par un public digne de celui d’une rock star, qu’est-ce qui pousse encore la danseuse, alors qu’elle est dans sa quarantaine, à se mettre à ce point en danger ? C’est le sujet du film. » Dominique Frétard
Ce DVD réunit les plus grands noms actuels du spectacle vivant : Sylvie Guillem – une des plus grandes danseuses d’aujourd’hui, Nicolas Le Riche – étoile de l’Opéra de Paris, Robert Lepage – grand homme de théâtre et metteur en scène, Akram Kahn et Russell Maliphant – danseurs et chorégraphes très souvent récompensés.
Un tournage débuté en janvier 2007 pour s’achever en février 2009 avec la première mondiale à Londres de « Eonnagata » ; une collaboration Robert Lepage, Russel Maliphant et Sylvie Guillem. Ce film vous plongera au cœur d’une création contemporaine tout en suivant Sylvie Guillem dans l’intimité de ses tournées à travers le monde.
« Eonnagata » Alliance du nom du Chevalier d’Éon, célèbre espion de Louis XV travesti en femme et de l’onnagata, qui désigne la qualité de l’acteur jouant un rôle de femme dans le théâtre japonais kabuki.
Conçu en trois actes, Eonnagata évoque trois âges de la vie du personnage ; Capitaine des Dragons, le viril et jeune Charles de Beaumont, envoyé en Russie, est interprété par Russell Maliphant. En poste en Angleterre, l’homme travesti en femme du second âge, sera incarné par Sylvie Guillem. C’est en vieillissant chevalier condamné à se travestir, qu’apparaîtra le dramaturge Robert Lepage.Inclus en bonus : 30 minutes d’archives personnelles de Sylvie Guillem
Guillem sur le fil : Coproduction : A Droite de la lune / ARTE France / Sadler’s Wells (2009 – 88mn)
Prodige de l’Opéra de Paris, danseuse étoile à dix-neuf ans, Sylvie Guillem a été Principal guest artist au Royal Ballet de Londres à partir de 1989 et la prestigieuse invitée de compagnies internationales. Elle est l’interprète et l’inspiratrice de prestigieux chorégraphes dont Maurice Béjart, William Forsythe, Mats Ek, Russell Maliphant, Akram Khan et du metteur en scène Bob Wilson.
Documentaire
éditeur : Universal Classics : Deutsche Grammophon
parution : 19 octobre 2009
samedi 17 octobre 2009
L'AMOUR EXISTE le premier PIALAT sur Youtube
Pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu, "l'Amour existe", le premier court métrage de Maurice Pialat, sorti en 1960...il y a près de 50 ans. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas Pialat, voir ce film est une expérience qu'il faut avoir faite.
Visionnable sur Youtube en deux parties
PARTIE 1
PARTIE 2
Visionnable sur Youtube en deux parties
PARTIE 1
www.youtube.com/watch?v=VJgp8_yOJAc&feature=related
PARTIE 2
www.youtube.com/watch?v=tju683zLPaw&feature=related
lundi 5 octobre 2009
LEGUMES OUBLIES : LES GRAINES DE LA RESISTANCE
Diffusé le 22 septembre dernier sur la chaîne suisse TSR 1, formidable "A bon entendeur" sur les légumes "oubliés", un sujet de Françoise Weilhammer et Peter Entell.
A ne pas rater, puisque on peut revoir (gratuitement) l'émission, et ça se passe ici :
OFFREZ LES FLEURS D'UNE CLAIRETTE DE DIE!
J'aime faire vieillir dans ma cave des vins auxquels on ne s'attend pas. Comme cette Clairette de Die, par exemple, et à fortiori dans le torride millésime 2003.
Le fruit de ce muscat s'était transformé en une brassée de fleurs (roses, jasmin). Une vraie balade de printemps dans mon verre.
Le vin : Clairette de Die cuvée Grande tradition de la cave Jaillance, un vin blanc pétillant provenant à 100% du cépage muscat à petit grains. Un vin acheté à bien moins de 10 euros...
LA SONORITE SI PARTICULIERE DES GRANDS BOURGOGNES BLANCS
C'était il y a quelques jours, j'avais ce soir-là un peu de temps et sur ma table l'une de ces grandes œuvres d'art austères et fascinantes, un Corton Vergennes blanc 2007 de la maison de négoce Chanson (décidément en plein renouveau, voir mon billet sur un Chassagne-Montrachet récemment englouti).
On me demande souvent quels sont mes 10 plus grands vins. Je réponds souvent que ce sont des vins que je n'ai pas encore bus. Plus simplement, tout chez moi dépend de mon humeur. Si cette bouteille fût terminée le lendemain en bonne compagnie, ce soir-là, j'avais envie de me faire un petit plaisir tout en finesse et de le garder pour moi. Seul.
Il n'y a pas à tortiller, dès la première gorgée, c'était de la musique que j'avais en bouche. On n'est jamais vraiment seul et j'étais en train de vivre l'émotion d'une présence forte et bienveillante, un peu obscure comme les grands vins blancs de Bourgogne, un présence presque insondable. De ces vins dont on ne peut quasiment rien dire, au fond.
C'est un peu terrible comme paradoxe (surtout pour un journaliste qui critique les vins, comme je le suis), mais j'enfonce le clou : les plus grands vins, comme me l'a dit un jour l'immense Pierre Overnoy, "c'est quand tu fermes ta gueule".
Le mariage avec l'un de mes disques me laissa sans voix, après tout, c'est bien ce que j'avais cherché.
Et mon disque? Je vous glisse bien sûr le lien :
http://www.amazon.fr/Cinqui%C3%A8me-anniversaire-label-Alpha-catalogue/dp/B0000AH3D8/ref=sr_1_4?ie=UTF8&s=music&qid=1254731949&sr=1-4
A l'intérieur du disque, en plage 9, une interprétation assez inouïe d'un morceau de Nicola Matteis par la violoniste Hélène Schmitt.
Buvez, écoutez, vous verrez.
dimanche 4 octobre 2009
ENVOYE SPECIEUX
Gros coup de gueule contre un sujet diffusé cette semaine, dans le magazine Envoyé Spécial sur FRANCE 2.
Ce jeudi 1er octobre, il était question de vin dans un reportage de 26 minutes traitant de la question "le vin est-il toujours un produit naturel?".
En bref, un concentré imbuvable de ce que la télé peut faire de pire : amalgames honteux; manipulation des chiffres et des faits pour "tenir" le téléspectateur en haleine (l'obsession des responsables de programmes); montage des reportages à la serpe; mise des problématiques (et dieu sait si le vin est un sujet compliqué) sur le même plan; j'en passe et des meilleures...
Je n'entrerai pas dans les détails, mon ami Jacques Perrin ayant fait déjà tout le boulot avec rigueur et esprit sur son blog :
En colère, je suis; la question des pesticides, dans le monde agricole en général et en viticulture en particulier, est un sujet suffisamment grave et préoccupant pour que des "envoyés spéciaux" ne se laissent aller à de tels procédés spécieux, surfant sur la mode "écolo" pour faire du gras d'audience, mais sans aucune connaissance précise de ce dont ils parlent.
Un grand Bravo à l'agence de presse Tony Comiti, sous-traitant régulier d'Envoyé Spécial, et à mesdames Françoise Joly et Guilaine Chenu, qui ont accepté ce pitoyable sujet.
Le sujet peut-être visionné ici pour que vous vous fassiez votre opinion :
Ce jeudi 1er octobre, il était question de vin dans un reportage de 26 minutes traitant de la question "le vin est-il toujours un produit naturel?".
En bref, un concentré imbuvable de ce que la télé peut faire de pire : amalgames honteux; manipulation des chiffres et des faits pour "tenir" le téléspectateur en haleine (l'obsession des responsables de programmes); montage des reportages à la serpe; mise des problématiques (et dieu sait si le vin est un sujet compliqué) sur le même plan; j'en passe et des meilleures...
Je n'entrerai pas dans les détails, mon ami Jacques Perrin ayant fait déjà tout le boulot avec rigueur et esprit sur son blog :
http://blog.cavesa.ch/index.php/2009/10/01/189578-envoye-pas-tres-special-le-vin-est-il-toujours-un-produit-naturel
En colère, je suis; la question des pesticides, dans le monde agricole en général et en viticulture en particulier, est un sujet suffisamment grave et préoccupant pour que des "envoyés spéciaux" ne se laissent aller à de tels procédés spécieux, surfant sur la mode "écolo" pour faire du gras d'audience, mais sans aucune connaissance précise de ce dont ils parlent.
Un grand Bravo à l'agence de presse Tony Comiti, sous-traitant régulier d'Envoyé Spécial, et à mesdames Françoise Joly et Guilaine Chenu, qui ont accepté ce pitoyable sujet.
Le sujet peut-être visionné ici pour que vous vous fassiez votre opinion :
http://envoye-special.france2.fr/index-fr.php?page=reportage-bonus&id_article=1727
jeudi 10 septembre 2009
JUS DE MOTS
Célébration bachique

par François Busnel

par François Busnel
Que reste-t-il du siècle de la Pléiade? Ronsard et Du Bellay. Mais si Ronsard et Du Bellay ont existé, c'est que la poésie était un genre vivant. Que des dizaines de poèmes avaient été écrits et avaient trouvé un public. Ronsard, Du Bellay, mais aussi Baïf, Jodelle, Dorat, Pontus de Tyard, Belleau. Et, non loin d'eux mais solitaire, tant il est vrai que l'on n'enrôle pas un libre penseur, Marc-Antoine Muret. Gérard Oberlé, l'un de nos plus joyeux érudits, ressuscite ce Muret que la postérité, décidément mauvaise fille, a exilé dans un recoin poussiéreux de son vaste hangar.
Marc-Antoine Muret fut excessif en tout. Insouciant, voluptueux, railleur, profane, inconstant, espiègle, rebelle, prompt à tous les débordements, le folâtre et scandaleux poète (qui fut le maître de Montaigne) ne dut son salut qu'à la fuite. C'est qu'on ne badinait guère avec la sodomie en cette époque où, par ailleurs, rois et reines conjuguaient l'inceste et le meurtre en faisant preuve d'une maîtrise qui, cinq cents ans plus tard, n'a toujours pas d'équivalent.
Chassé de Paris, chassé de Toulouse, chassé de France, Marc-Antoine Muret trouva refuge en Italie. Il endossa la robe de bure et devint même "l'orateur des papes". Mais "renard a beau changer de fourrure, ses moeurs restent celles du goupil"... Arrivé au terme du banquet, il raconte. Ne cèle rien, pas même ses lâchetés. "Le divin Muret", comme le surnommait Ronsard, connut la misère et la fortune, la gloire et l'oubli, les geôles du Châtelet et les palais de Venise, les honneurs et leurs servitudes... C'est le récit de cette vie déboutonnée que livre Gérard Oberlé dans ce roman truculent, à l'écriture souple et vive, magnifiquement saupoudrée de ces formules chamarrées qui procurent au lecteur le bonheur simple d'une émotion vraie. Oberlé, pudique, se cache derrière Muret pour faire l'éloge du vin, de l'amitié et des livres. Comme Muret, il pratique l'irrévérence joyeuse. Comme lui, il est le servant du culte des arts et de la beauté. Comme lui, il nous rappelle que grâce aux mots la joie de vivre est communicative. Gérard Oberlé fait ainsi oeuvre de salubrité publique en même temps qu'il signe son meilleur livre. Loués soient les poètes!
L'express du 10 septembre 2009
Gérard Oberlé se remet doucement d'un gros pépin de santé survenu au début de l'été. Je lève mon verre de Clos Rougeard au grand homme et à son prompt retour parmi nous.
lundi 7 septembre 2009
Marilyn, certains l'aiment froide

Formidable titre d'un récent papier de Rue 89 sur la non moins récente revente du caveau situé juste au-dessus de celui de Marilyn Monroe, dans le Westwood mémorial Park (CA). Une histoire assez croustillante.
Pour lire ce papier signé Christophe Payet, c'est ici :
http://www.rue89.com/2009/08/18/marilyn-certains-laiment-froide-la-tombe-voisine-est-a-vendre
En image, un cliché troublant de Richard Avedon tiré de la collection vue au musée du jeu de Paume en 2008.
samedi 5 septembre 2009
CA PEUT PAS FAIRE DE MAL : Gewürztraminer Grand cru ET Munster fermier
Une grande bouteille, ça s'attend. Pourquoi vous précipitez-vous tout le temps comme ça? Ne mentez pas, je vous ai aperçu l'autre jour, dégoupillant sans y penser un illustre riesling Grand cru du millésime 2007. Une semaine auparavant, c'était un sublime Savennières du même millésime à qui vous vous veniez de donner le coup de grâce.Je paraphraserai l'immense Claude Pieplu dans Palace : "Avez-vous bien réfléchi à toutes les conséquences de votre acte?".
J'arrêterai ici mes piques, il y a sans doute parmi vous des robustes, des nerveux, des cabines téléphoniques, je ne tiens pas au grabuge.
Et puis surtout, mon job, c'est de vous faire saliver, de vous mettre sur la voie, en joie, de faire parler le corps.
Orgie majeure au programme, justement, avec ce vin d'Alsace au nom long comme un jour sans pain, allez, je reprends mon souffle et j'y vais : un gewürztraminer Grand cru Goldert de la chapelle du Clos Saint-Imer du domaine Ernest Burn, goûtée dans le millésime 2000.
Vous voyez, ce vin, je n'en avais qu'une boutanche dans la cave, depuis 6 ans. Je temps en temps, je descendais lui parler, oh juste un mot gentil, une caresse, lui murmurant tous les espoirs que je plaçais en elle.
Ca s'est passé dimanche dernier. Vous savez ce que c'est, il y a des moment où l'on sait. J'ai osé Joséphine.
Dans notre monde moderne, reprendre possession de soi est un pur bonheur, là, ça a été torride. Ca s'est fait avec une tartine de munster fermier. Entre le vin et le fromage, il y a eu des gerbes d'étincelles comme dans l'atelier d'un forgeron.
Huit ans après sa mise en bouteille, ce vin blanc sec que j'avais goûté dans sa prime jeunesse (en 2003) renfermait désormais les parfums envoûtants d'un grand vin blanc liquoreux. Des fleurs, des épices, des essences de bois rares, un peu de fumée. Mais sans en avoir la sucrosité souvent un peu grassouillette. Bien au contraire, un toucher de bouche de cachemire, une douceur infinie mais sans lourdeur. Au palais, des petites notes crayeuses et salines ont fermé le bal.
Le vin c'est bien plus que du vin, il faut souvent des années
lundi 31 août 2009
CA PEUT PAS FAIRE DE MAL : Champagne et parmesan

C'est vrai, on pourrait faire comme tout le monde et fêter l'anniversaire de cet ami(e) au restaurant, se cogner la litanie Apéro-Petits fours-Entrée-Plats-Gâteau-Bougies-Cadeaux -Champagne.
On peut aussi faire encore mieux et filer dans le vignoble s'organiser une petite balade de groupe dans les vignes, histoire de faire la fiesta au grand air.
L'effort, ça creuse, on met donc la nappe à l'ombre d'un grand arbre et on sort les casse-croûte.
Attention! L'art de se passer de table, ça consiste quand même à mettre les petits plats dans les grands. Et ne pas oublier que l'amitié ne se célèbre pas dans les gobelets en plastique. Je vous vois venir, vous vous dites : "il nous sort le couplet nature & tradition!". Oh que non, c'est pas du tout le genre de la Maison! Je veux juste dire que dans la vie, il y a des moments qu'il faut ('s) offrir en seigneur.
Mais faites simple : du vrai pain et pourquoi pas - mis à part le gâteau - rien que des fromages. Vous avez choisi de faire la fiesta au Champagne? Faites-vous jouir avec un morceau de parmesan Reggiano dans l'autre main. Et attendez le souffle de vent qui vient vous caresser le visage après la mise en bouche.
Légende de la photo : un bouchon d'une bouteille de Champagne Bollinger 1924, bue en 2006.
(C) Thomas Bravo-Maza
jeudi 20 août 2009
Dans la série "icones du vin", JEAN-MICHEL COMME

Le propriétaire de Château Pontet-Canet (Alfred Tesseron) a eu la formidable intuition de laisser, il y a quelques années, à cet homme hors du commun la direction exécutive de ce cru classé de Pauillac (Bordeaux, Médoc) que les cinéphiles connaissent par le très beau film de Robin Davis, J'ai épousé une ombre.
Jean-Michel Comme est tout simplement l'un des stylistes les plus fascinants de notre époque. A vrai dire, son travail n'est pas sans rappeler celui d'un certain Yves Saint-Laurent. A la fois réservé et exalté comme le grand couturier, ce vigneron prend tous les risques dans l'espoir, à chaque millésime, d'exprimer un goût qu'on ne retouvera dans aucun autre vin au monde.
Dans ce Médoc si réputé mais si conventionnel, Jean-Michel Comme est le seul à donner naissance à un cru classé certifié en Bio et travaillé selon une philosophie biodynamique qu'ont adoptée, soulignons-le encore une fois, quelques-uns des plus grands domaines de la planète.
Il y a dans la vie des passage obligés. Tout amateur se doit de chercher à rencontrer ce vigneron qui vit pour le plaisir que nous procure le parfum étourdissant des grands pauillacs.
Moi qui déguste plus de 2000 vins par an, je peux bien vous l'avouer, j'ai eu du mal à reprendre mes esprits en levant le nez de mon verre du futur Pontet-Canet 2008, on en reparlera...
A vous de jouer, maintenant.
PS : à noter, pour les amateurs de vins plaisir à prix ultra sages, que Jean-Michel Comme commercialise aussi en son nom propre avec son épouse Corinne les vins du Château du Champ des Treilles (www.champdestreilles.com), en Sainte-Foy Bordeaux, avec le même souci de sincérité.
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