mercredi 21 octobre 2009

Allons-y, Alonso! Une merveille de table à Sorgues (Vaucluse)




C'est à Sorgues - l'un des villages les plus hideux des alentours d'Avignon - que j'ai récemment déniché l'une des meilleures tables de la région.

La cuisine est signée Gérard Alonso, que les sybarites bourguignons ont bien connu.

Rien ne vaut la simplicité lorsqu'elle vous est offerte avec autant de joie.

Les prix? Comptez entre 30 et 50 € par pers.

Fous de vins, mettez-vous en survet', ça va soulever de la fonte!


19 AVENUE DU 19 MARS 1962 84700 Sorgues
Tél. :  04.90.39.11.02
 
 
 

MES AVENTURES AU DESSUS DES VIGNES, Château de Pibarnon, Bandol

©photo Thomas Bravo-Maza, sur tous supports pour tous pays.



MES AVENTURES DANS LES VIGNES, Cassis.

©photo Thomas Bravo-Maza, sur tous supports pour tous pays.


MES AVENTURES DANS LES VIGNES, Volerie des aigles, Château de Kintzheim, Alsace



©photo Thomas Bravo-Maza, sur tous supports pour tous pays.

MES AVENTURES DANS LES VIGNES, Hunawihr, Alsace












MES AVENTURES DANS LES VIGNES, le grand cru Mambourg, en Alsace




©photo Thomas Bravo-Maza, sur tous supports pour tous pays.

CA PEUT PAS FAIRE DE MAL : l'ail





Où sommes-nous ? En Provence. Et qu’est ce qu’on y mange ?



De L’ail.



C’est vrai, l’ail a mauvaise réputation. Aie, aie, aie…on le suspecte de mal se digérer, de donner une haleine de bœuf…Sait-on au moins que l’ail est bactéricide, fongicide, vermifuge, et même bon pour les voies respiratoires ?



L’ail est un alicament, c’est à dire un aliment et un médicament. Au cours de la grande peste de Marseille, en 1726, quatre voleurs très malins s’étaient même protégés de la contagion en ingurgitant un mélange d’ail et de vinaigre…et pillèrent à leur guise les maisons des malades…



La sexualité de l’ail, parlons-en. Ou plutôt n’en parlons pas puisque l’ail n’en a pas : c’est grâce à ses bulbilles – de petits bulbes – qu’il se reproduit sous terre de manière originale.



La culture de l’ail, on la doit aux mongols puis aux chinois, via la route de la soie. Mais en 1330, Alphonse de Castille l’interdit en Espagne. Notre Henri IV croquait, lui, une gousse dès le réveil. Grâce à Hérodote, on sait même que l’on doit à l’ail les premières grèves de l’Histoire, sous les Egyptiens, lorsque les 100.000 ouvriers bâtisseurs de pyramides ne pouvaient plus s’en nourrir…





Mes conseils pratiques



Ail blanc – le plus répandu –



Ail violet – plus farineux –



Ail rose de Lautrec – le meilleur, la star –



Et même le rarissime ail rocambole, très long en bouche.



Ah, sur une tartine de bon pain, frotté, comme ça…avec juste un filet d’huile d’olive…Rien de plus simple, moi, ça me fait chavirer…


Mais, mais mais… De grâce, ne commettez plus un crime : le coup de couteau dans le gigot pour le fourrer de gousses d’ail. S’en suit une hémorragie de jus, un crime, je vous dis ! La solution : placez de l’ail en chemise (à carreaux) autour du gigot, Tel Charles Ingalls, il se relèvera bien vite les manches et fera son travail.

JE NE MANGE JAMAIS DE FRAISES EN HIVER








J'aime vous faire saliver, vous le savez bien. En l'espèce avec un certain esprit pervers car de fraise, point...jusqu'au printemps prochain.


Raison de plus pour en parler calmement.


La colère, je la laisse à celles et ceux qui auront l'excellente idée d'aller voir les deux formidables émissions de A bon entendeur sur le sujet.


C'est ici :

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=311201&sid=4834004

puis là :

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=311201&sid=5700161


Ca y est, c'est visionné? Bien, maintenant vous savez.


Mais savez-vous que "fraise" et "parfum"…sont cousins? En latin, ces deux mots ont la même racine.


Hum…fermons les yeux et songeons au mois de mai...les beaux jours arrivent, les fragrances de la fraise nous enivrent...


Pour les indiens de la tribu OJIBWA, dans l’Ontario, l’âme des défunts erre jusqu’à ce qu’elle rencontre le parfum d’une fraise bien mûre…pour enfin reposer en paix.


Revenons sur la terre ferme. Le saviez-vous? La fraise, comme la figue, est un faux fruit. Le vrai fruit de la fraise, ce sont ses petites graines, les Akènes.


Mais d’où viennent les fraises ? Vous allez voir, l’histoire est savoureuse. Louis XIV, qui avait des vues sur le Chili, chargea un ingénieur militaire breton d’espionner les côtes chiliennes. Son nom ne s’invente pas : François-Amédée Frezier ! Notre ingénieur eut tôt fait de découvrir aussi une variété de fraises à gros fruits juteux dont il ramena des plants dont un seul survit au long voyage de retour jusqu’à Plougastel.


Catastrophe ! Les pants ne fructifient pas !


La réponse viendra de Jussieu : pour le botaniste, c’est tout simple : la variété ramenée par Frezier est à pistils – donc femelle – et il faut la féconder avec une variété mâle…à étamines, et le tour est joué !



Mes conseils pratiques


Sur les 70 variétés de fraises qui ont été crées, on trouve absolument tout et n’importe quoi…Et surtout quand c’est pas la saison ! Au rayon du pire : l’énorme fraise Camarosa, dans les étals même en hiver, pouah....


Et pourtant, et pourtant… une fraise que vous croquez et qui vous explose en bouche de son jus parfumé, Ah, ça c’est vertigineux ! Une fraise des bois ? Très rare, hors de prix. Tâchez plutôt de dénicher une variété qui s’en rapproche bigrement : la mara des bois. Autre avantage : cette variété est « remontante » : c'est-à-dire que l’on en obtenir deux récoltes successives, un pur bonheur, entre mai et septembre…pas davantage !

mardi 20 octobre 2009

A NA PAS MANQUER : un documentaire sur la danseuse Sylvie Guillem, sortie prévue le 19 octobre en DVD



Sylvie GUILLEM, sur le fil

Françoise Ha Van

Un portrait de Françoise Ha Van
Extra: Guillem au fil des saisons
« C’est étrange, et plus fort qu’elle, l’étoile Sylvie Guillem le dit et le répète : « Je vais toujours vers ce que je ne sais pas. Alors j’ai peur, et je déteste cette peur, mais je ne peux m’empêcher d’y aller ! » Ce besoin incoercible d’inconnu, conjugué à une crainte panique de « ne pas être à la hauteur », rythment, telle la musique du désir, le film Guillem, sur le Fil, réalisé par Françoise Ha Van. Connue et reconnue dans le monde entier, acclamée par un public digne de celui d’une rock star, qu’est-ce qui pousse encore la danseuse, alors qu’elle est dans sa quarantaine, à se mettre à ce point en danger ? C’est le sujet du film. » Dominique Frétard
Ce DVD réunit les plus grands noms actuels du spectacle vivant : Sylvie Guillem – une des plus grandes danseuses d’aujourd’hui, Nicolas Le Riche – étoile de l’Opéra de Paris, Robert Lepage – grand homme de théâtre et metteur en scène, Akram Kahn et Russell Maliphant – danseurs et chorégraphes très souvent récompensés.
Un tournage débuté en janvier 2007 pour s’achever en février 2009 avec la première mondiale à Londres de « Eonnagata » ; une collaboration Robert Lepage, Russel Maliphant et Sylvie Guillem. Ce film vous plongera au cœur d’une création contemporaine tout en suivant Sylvie Guillem dans l’intimité de ses tournées à travers le monde.
« Eonnagata » Alliance du nom du Chevalier d’Éon, célèbre espion de Louis XV travesti en femme et de l’onnagata, qui désigne la qualité de l’acteur jouant un rôle de femme dans le théâtre japonais kabuki.
Conçu en trois actes, Eonnagata évoque trois âges de la vie du personnage ; Capitaine des Dragons, le viril et jeune Charles de Beaumont, envoyé en Russie, est interprété par Russell Maliphant. En poste en Angleterre, l’homme travesti en femme du second âge, sera incarné par Sylvie Guillem. C’est en vieillissant chevalier condamné à se travestir, qu’apparaîtra le dramaturge Robert Lepage.
Inclus en bonus : 30 minutes d’archives personnelles de Sylvie Guillem
Guillem sur le fil : Coproduction : A Droite de la lune / ARTE France / Sadler’s Wells (2009 – 88mn)
Prodige de l’Opéra de Paris, danseuse étoile à dix-neuf ans, Sylvie Guillem a été Principal guest artist au Royal Ballet de Londres à partir de 1989 et la prestigieuse invitée de compagnies internationales. Elle est l’interprète et l’inspiratrice de prestigieux chorégraphes dont Maurice Béjart, William Forsythe, Mats Ek, Russell Maliphant, Akram Khan et du metteur en scène Bob Wilson.
Documentaire
éditeur : Universal Classics : Deutsche Grammophon
parution : 19 octobre 2009

samedi 17 octobre 2009

L'AMOUR EXISTE le premier PIALAT sur Youtube


Pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu, "l'Amour existe", le premier court métrage de Maurice Pialat, sorti en 1960...il y a près de 50 ans. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas Pialat, voir ce film est une expérience qu'il faut avoir faite.

Visionnable sur Youtube en deux parties

PARTIE 1
www.youtube.com/watch?v=VJgp8_yOJAc&feature=related

PARTIE 2
www.youtube.com/watch?v=tju683zLPaw&feature=related

lundi 5 octobre 2009

LEGUMES OUBLIES : LES GRAINES DE LA RESISTANCE





Diffusé le 22 septembre dernier sur la chaîne suisse TSR 1, formidable "A bon entendeur" sur les légumes "oubliés", un sujet de Françoise Weilhammer et Peter Entell.

A ne pas rater, puisque on peut revoir (gratuitement) l'émission, et ça se passe ici :
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=311200

Vous y apprendrez que l'une des plus savoureuses tomates qui soient est...verte.
Obtenue en 1983, si je me souviens bien.
Son nom : La verte zébrée (green zebra).
Goûtez moi ça, vous comprendrez ce que le bonheur veut dire. 



OFFREZ LES FLEURS D'UNE CLAIRETTE DE DIE!





 J'aime faire vieillir dans ma cave des vins auxquels on ne s'attend pas. Comme cette Clairette de Die, par exemple,  et à fortiori dans le torride millésime 2003.

Le fruit de ce muscat s'était transformé en une brassée de fleurs (roses, jasmin). Une vraie balade de printemps dans mon verre.

Le vin : Clairette de Die cuvée Grande tradition de la cave Jaillance, un vin blanc pétillant provenant à 100% du cépage muscat à petit grains. Un vin acheté à bien moins de 10 euros...

LA SONORITE SI PARTICULIERE DES GRANDS BOURGOGNES BLANCS




 C'était il y a quelques jours, j'avais ce soir-là un peu de temps et sur ma table l'une de ces grandes œuvres d'art austères et fascinantes, un Corton Vergennes blanc 2007 de la maison de négoce Chanson (décidément en plein renouveau, voir mon billet sur un Chassagne-Montrachet récemment englouti).

On me demande souvent quels sont mes 10 plus grands vins. Je réponds souvent que ce sont des vins que je n'ai pas encore bus. Plus simplement, tout chez moi dépend de mon humeur. Si cette bouteille fût terminée le lendemain en bonne compagnie, ce soir-là, j'avais envie de me faire un petit plaisir tout en finesse et de le garder pour moi. Seul.

Il n'y a pas à tortiller, dès la première gorgée, c'était de la musique que j'avais en bouche. On n'est jamais vraiment seul et j'étais en train de vivre l'émotion d'une présence forte et bienveillante, un peu obscure comme les grands vins blancs de Bourgogne, un présence presque insondable. De ces vins dont on ne peut quasiment rien dire, au fond.

C'est un peu terrible comme paradoxe (surtout pour un journaliste qui critique les vins, comme je le suis), mais j'enfonce le clou : les plus grands vins, comme me l'a dit un jour l'immense Pierre Overnoy, "c'est quand tu fermes ta gueule".

Le mariage avec l'un de mes disques me laissa sans voix, après tout, c'est bien ce que j'avais cherché.

Et mon disque? Je vous glisse bien sûr le lien :

http://www.amazon.fr/Cinqui%C3%A8me-anniversaire-label-Alpha-catalogue/dp/B0000AH3D8/ref=sr_1_4?ie=UTF8&s=music&qid=1254731949&sr=1-4


 
A l'intérieur du disque, en plage 9, une interprétation assez inouïe d'un morceau de Nicola Matteis par la violoniste Hélène Schmitt.

Buvez, écoutez, vous verrez.





dimanche 4 octobre 2009

ENVOYE SPECIEUX

Gros coup de gueule contre un sujet diffusé cette semaine, dans le magazine Envoyé Spécial sur FRANCE 2.

Ce jeudi 1er octobre, il était question de vin dans un reportage de 26 minutes traitant de la question "le vin est-il toujours un produit naturel?".

En bref, un concentré imbuvable de ce que la télé peut faire de pire : amalgames honteux; manipulation des chiffres et des faits pour "tenir" le téléspectateur en haleine (l'obsession des responsables de programmes); montage des reportages à la serpe; mise des problématiques (et dieu sait si le vin est un sujet compliqué) sur le même plan; j'en passe et des meilleures...

Je n'entrerai pas dans les détails, mon ami Jacques Perrin ayant fait déjà tout le boulot avec rigueur et esprit sur son blog :

http://blog.cavesa.ch/index.php/2009/10/01/189578-envoye-pas-tres-special-le-vin-est-il-toujours-un-produit-naturel

En colère, je suis; la question des pesticides, dans le monde agricole en général et en viticulture en particulier, est un sujet suffisamment grave et préoccupant pour que des "envoyés spéciaux" ne se laissent aller à de tels procédés spécieux, surfant sur la mode "écolo" pour faire du gras d'audience, mais sans aucune connaissance précise de ce dont ils parlent.

Un grand Bravo à l'agence de presse Tony Comiti, sous-traitant régulier d'Envoyé Spécial, et à mesdames Françoise Joly et Guilaine Chenu, qui ont accepté ce pitoyable sujet.

Le sujet peut-être visionné ici pour que vous vous fassiez votre opinion :
http://envoye-special.france2.fr/index-fr.php?page=reportage-bonus&id_article=1727

jeudi 10 septembre 2009

JUS DE MOTS

 
Célébration bachique

par François Busnel

Que reste-t-il du siècle de la Pléiade? Ronsard et Du Bellay. Mais si Ronsard et Du Bellay ont existé, c'est que la poésie était un genre vivant. Que des dizaines de poèmes avaient été écrits et avaient trouvé un public. Ronsard, Du Bellay, mais aussi Baïf, Jodelle, Dorat, Pontus de Tyard, Belleau. Et, non loin d'eux mais solitaire, tant il est vrai que l'on n'enrôle pas un libre penseur, Marc-Antoine Muret. Gérard Oberlé, l'un de nos plus joyeux érudits, ressuscite ce Muret que la postérité, décidément mauvaise fille, a exilé dans un recoin poussiéreux de son vaste hangar.
Marc-Antoine Muret fut excessif en tout. Insouciant, voluptueux, railleur, profane, inconstant, espiègle, rebelle, prompt à tous les débordements, le folâtre et scandaleux poète (qui fut le maître de Montaigne) ne dut son salut qu'à la fuite. C'est qu'on ne badinait guère avec la sodomie en cette époque où, par ailleurs, rois et reines conjuguaient l'inceste et le meurtre en faisant preuve d'une maîtrise qui, cinq cents ans plus tard, n'a toujours pas d'équivalent.
Chassé de Paris, chassé de Toulouse, chassé de France, Marc-Antoine Muret trouva refuge en Italie. Il endossa la robe de bure et devint même "l'orateur des papes". Mais "renard a beau changer de fourrure, ses moeurs restent celles du goupil"... Arrivé au terme du banquet, il raconte. Ne cèle rien, pas même ses lâchetés. "Le divin Muret", comme le surnommait Ronsard, connut la misère et la fortune, la gloire et l'oubli, les geôles du Châtelet et les palais de Venise, les honneurs et leurs servitudes... C'est le récit de cette vie déboutonnée que livre Gérard Oberlé dans ce roman truculent, à l'écriture souple et vive, magnifiquement saupoudrée de ces formules chamarrées qui procurent au lecteur le bonheur simple d'une émotion vraie. Oberlé, pudique, se cache derrière Muret pour faire l'éloge du vin, de l'amitié et des livres. Comme Muret, il pratique l'irrévérence joyeuse. Comme lui, il est le servant du culte des arts et de la beauté. Comme lui, il nous rappelle que grâce aux mots la joie de vivre est communicative. Gérard Oberlé fait ainsi oeuvre de salubrité publique en même temps qu'il signe son meilleur livre. Loués soient les poètes! 
L'express du 10 septembre 2009
Gérard Oberlé se remet doucement d'un gros pépin de santé survenu au début de l'été. Je lève mon verre de Clos Rougeard au grand homme et à son prompt retour parmi nous.

lundi 7 septembre 2009

Marilyn, certains l'aiment froide


Formidable titre d'un récent papier de Rue 89 sur la non moins récente revente du caveau situé juste au-dessus de celui de Marilyn Monroe, dans le Westwood mémorial Park (CA). Une histoire assez croustillante.

Pour lire ce papier signé Christophe Payet, c'est ici :
http://www.rue89.com/2009/08/18/marilyn-certains-laiment-froide-la-tombe-voisine-est-a-vendre

En image, un cliché troublant de Richard Avedon tiré de la collection vue au musée du jeu de Paume en 2008.

samedi 5 septembre 2009

CA PEUT PAS FAIRE DE MAL : Gewürztraminer Grand cru ET Munster fermier

Une grande bouteille, ça s'attend. Pourquoi vous précipitez-vous tout le temps comme ça? Ne mentez pas, je vous ai aperçu l'autre jour, dégoupillant sans y penser un illustre riesling Grand cru du millésime 2007. Une semaine auparavant, c'était un sublime Savennières du même millésime à qui vous vous veniez de donner le coup de grâce.
Je paraphraserai l'immense Claude Pieplu dans Palace : "Avez-vous bien réfléchi à toutes les conséquences de votre acte?".
J'arrêterai ici mes piques, il y a sans doute parmi vous des robustes, des nerveux, des cabines téléphoniques, je ne tiens pas au grabuge.

Et puis surtout, mon job, c'est de vous faire saliver, de vous mettre sur la voie, en joie, de faire parler le corps.

Orgie majeure au programme, justement, avec ce vin d'Alsace au nom long comme un jour sans pain, allez, je reprends mon souffle et j'y vais : un gewürztraminer Grand cru Goldert de la chapelle du Clos Saint-Imer du domaine Ernest Burn, goûtée dans le millésime 2000.


Vous voyez, ce vin, je n'en avais qu'une boutanche dans la cave, depuis 6 ans. Je temps en temps, je descendais lui parler, oh juste un mot gentil, une caresse, lui murmurant tous les espoirs que je plaçais en elle.
Ca s'est passé dimanche dernier. Vous savez ce que c'est, il y a des moment où l'on sait. J'ai osé Joséphine.

Dans notre monde moderne, reprendre possession de soi est un pur bonheur, là, ça a été torride. Ca s'est fait avec une tartine de munster fermier. Entre le vin et le fromage, il y a eu des gerbes d'étincelles comme dans l'atelier d'un forgeron.

Huit ans après sa mise en bouteille, ce vin blanc sec que j'avais goûté dans sa prime jeunesse (en 2003) renfermait désormais les parfums envoûtants d'un grand vin blanc liquoreux. Des fleurs, des épices, des essences de bois rares, un peu de fumée. Mais sans en avoir la sucrosité souvent un peu grassouillette. Bien au contraire, un toucher de bouche de cachemire, une douceur infinie mais sans lourdeur. Au palais, des petites notes crayeuses et salines ont fermé le bal.
Le vin c'est bien plus que du vin, il faut souvent des années

lundi 31 août 2009

CA PEUT PAS FAIRE DE MAL : Champagne et parmesan



C'est vrai, on pourrait faire comme tout le monde et fêter l'anniversaire de cet ami(e) au restaurant, se cogner la litanie Apéro-Petits fours-Entrée-Plats-Gâteau-Bougies-Cadeaux -Champagne.

On peut aussi faire encore mieux et filer dans le vignoble s'organiser une petite balade de groupe dans les vignes, histoire de faire la fiesta au grand air.

L'effort, ça creuse, on met donc la nappe à l'ombre d'un grand arbre et on sort les casse-croûte.

Attention! L'art de se passer de table, ça consiste quand même à mettre les petits plats dans les grands. Et ne pas oublier que l'amitié ne se célèbre pas dans les gobelets en plastique. Je vous vois venir, vous vous dites : "il nous sort le couplet nature & tradition!". Oh que non, c'est pas du tout le genre de la Maison! Je veux juste dire que dans la vie, il y a des moments qu'il faut ('s) offrir en seigneur.

Mais faites simple : du vrai pain et pourquoi pas - mis à part le gâteau - rien que des fromages. Vous avez choisi de faire la fiesta au Champagne? Faites-vous jouir avec un morceau de parmesan Reggiano dans l'autre main. Et attendez le souffle de vent qui vient vous caresser le visage après la mise en bouche.



Légende de la photo : un bouchon d'une bouteille de Champagne Bollinger 1924, bue en 2006.

(C) Thomas Bravo-Maza

jeudi 20 août 2009

Dans la série "icones du vin", JEAN-MICHEL COMME



Le propriétaire de Château Pontet-Canet (Alfred Tesseron) a eu la formidable intuition de laisser, il y a quelques années, à cet homme hors du commun la direction exécutive de ce cru classé de Pauillac (Bordeaux, Médoc) que les cinéphiles connaissent par le très beau film de Robin Davis, J'ai épousé une ombre.

Jean-Michel Comme est tout simplement l'un des stylistes les plus fascinants de notre époque. A vrai dire, son travail n'est pas sans rappeler celui d'un certain Yves Saint-Laurent. A la fois réservé et exalté comme le grand couturier, ce vigneron prend tous les risques dans l'espoir, à chaque millésime, d'exprimer un goût qu'on ne retouvera dans aucun autre vin au monde.

Dans ce Médoc si réputé mais si conventionnel, Jean-Michel Comme est le seul à donner naissance à un cru classé certifié en Bio et travaillé selon une philosophie biodynamique qu'ont adoptée, soulignons-le encore une fois, quelques-uns des plus grands domaines de la planète.

Il y a dans la vie des passage obligés. Tout amateur se doit de chercher à rencontrer ce vigneron qui vit pour le plaisir que nous procure le parfum étourdissant des grands pauillacs.

Moi qui déguste plus de 2000 vins par an, je peux bien vous l'avouer, j'ai eu du mal à reprendre mes esprits en levant le nez de mon verre du futur Pontet-Canet 2008, on en reparlera...

A vous de jouer, maintenant.


PS : à noter, pour les amateurs de vins plaisir à prix ultra sages, que Jean-Michel Comme commercialise aussi en son nom propre avec son épouse Corinne les vins du Château du Champ des Treilles (www.champdestreilles.com), en Sainte-Foy Bordeaux, avec le même souci de sincérité.

BU DU CIEL : le MEDOC

pour la suite, cliquez sur "en savoir plus"


MES PARADIS SECRETS EN CORSE DU SUD





De haut de bas :

- Eglise pisane de Lévie.

- Le vigneron d'élite Jean-Charles Abbatucci.

- Panorama du Clos d'Alzeto, au nord d'Ajaccio.

© Thomas Bravo-Maza, 2009

L'oeuvre peint de Barbara Schroeder : fureur et mystère


"Fureur et mystère", ce mot de René Char colle bien au travail singulier de cette artiste allemande atypique.

Car c'est dans une revue vinicole suisse réputée, Vinum, que j'ai aperçu pour la première fois son nom, en signature d'articles sur le vin.

Tout l'art de la transfiguration, qui est celui du vin, Barbara nous le livre en direct dans ces paysages suspendus comme les mots de Giono en Provence.

Prenez le temps de découvrir quelques-uns de ses travaux sur www.barbaraschroeder.com

samedi 11 juillet 2009

João Martins, Praia de Mira (1930-1940)


C'est ça aussi, un blog : vous dégottez un cliché rare, il vous touche, vous avez envie de partager cette émotion, et hop, en un tour de main, c'est scanné, mis en ligne, prêt à être dégusté (en grand format hd accessible en cliquant sur la photo).

UN HOMME, UN FIL, UN FILM


"le funambule" (titre original "Man on wire") ou l'histoire du "crime artistique du siècle" : en 1974, Philippe Petit tend un câble entre les tours du World Trade Center, à New York, alors les immeubles les plus hauts du monde, et passe presque une heure à danser en l'air avant de se faire arrêter par la police.

Hors du commun, troublant même, ce documentaire long métrage est signé James Marsh et Simon Chinn. A dévorer de toute urgence.

Oscar 2009 du meilleur documentaire.

lundi 6 juillet 2009

CASSE DU siècle



Signe des temps, signe de crise : les banques et leurs salles des coffres sont vides, pour le casse du siècle, on repassera.

Reste Ducasse, pour tout de suite. Signe des temps (2) : huit ans après son monumental ouvrage "Le grand livre d'Alain Ducasse" - 1055 pages, une somme hors de prix - sa petite maison d'édition remet le couvert, avec un principe strictement opposé (mais l'inverse, c'est le même) : 64 pages, 9,90 €.

Qu'y trouve-t-on? Tout simplement quelques-unes des 10 recettes les plus percussives d'Alain Ducasse, en images, exécutées et expliquées par un maître du genre, Benoit Witz.

Chef de l'Hostellerie de l'Abbaye de la Celle, dans le Var (l'une des Maisons d'Alain Ducasse), Benoît Witz - très talentueux aux fourneaux, je n'ai pas encore pu le prendre en défaut - m'avait plusieurs fois enthousiasmé au fil des petits ouvrages bigrements malins de la série "Leçon". Très à son aise dans cet exercice "tout en images", un co-signe ici ce petit ouvrage simple comme chou qui donne envie de passer immédiatement à l'acte.

Jouissons (et cuisinons) sans entrave, donc.

Pour le commander, vous pouvez aussi passer par là :
http://www.amazon.fr/Best-Alain-Ducasse/dp/2841232476/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1246905337&sr=1-1

jeudi 2 juillet 2009

CROQUE-NORD


Une évocation amoureuse du Nord, en ces jours de chaleur parisienne.

Deauville, Trouville? Juré, craché, je n'y retournerai plus. Trop d'à-peu-près, pas assez de dépaysement, ni de petits coins où se cacher.

Pour un parisien en quête de vent, la destination, c'est bien sûr Le Touquet, ce petit vraiment désuet, charmant et plein de douceur.

Vous en voulez encore? Un week-end parfait dans la région ne se conçoit pas sans aller traîner ses guêtres du côté de Saint-Riquier, sur le chemin en venant de Paris, à l'est d'Abbeville.

Vous ne pourrez pas non plus couper à Montreuil sur mer, un petit trésor de ville pleine de surprises.

Un petit creux? C'est à la Madelaine sous Montreuil que ça se passe, à l'Auberge de la Grenouillère (Tél. 03 21 06 07 22). Mais, Chut! Je ne vous ai rien dit! Si, une dernière chose : à la Grenouillère, un bon conseil, faites-vous plaisir en choisissant (pour une fois) une vraie grande bouteille car les menus sont ultra accessibles. C'est l'occasion ou jamais.
En mai dernier, une bouteille de Jean-François Coche-Dury m'a sérieusement fait de l'oeil. Elle n'aurait pas dû : on n'a pas mis longtemps à l'envoyer au paradis des petites prétentieuses, celle-là!

N'oubliez pas dans la foulée une bonne virée au Cap Blanc-Nez.

Toujours faim? Impossible non plus de passer par Boulogne sur mer sans aller saluer Philippe Olivier, un fromager hors normes, une force de la nature. (43 rue Thiers, Tél. 03 21 31 94 74). Au top : le Crayeux de Roncq, la Boulette d'Avesnes, le Gouda extra vieux, le Vieux-Lille, le Mont des Cats.

A vous de jouer, maintenant.

PINA BAUSCH 1940-2009





C'est une perte énorme.

Un être qui nous a fait tant de bien. Pour moi, la dernière fois, ce fut cet Orphée et Eurydice donné à Garnier en février 2008, un moment de grâce inouïe. Toujours pas édité en DVD. La direction des Opéras de Paris a parfois des priorités que je ne comprends pas...

Reste cet hommage publié dans l'Express.

La célèbre danseuse-chorégraphe américaine Carolyn Carlson, directrice du Centre Chorégraphique National de Roubaix, a rédigé pour lexpress.fr un poème émouvant à la mémoire de son amie Pina Bausch dont la mort a "créé un grand vide dans l'univers".

Choc

Une déchirure à notre art

Une danse absente

Une part manquante de l'humanité

Une sérénité

Un vide dans l'univers

Pina

La plus grande et adulée chorégraphe de notre temps

Une poétesse des rêves ; le beau, le brutal.

Le réalisme des affrontements entre les hommes et les femmes

Le tragique, le joyeux, le désespéré.

Son humour ironique, offrant une perspective à nos émotions cachées...

Ses regards plongeant dans l'esprit de la raison et de l'absurde.

Elle a créé son art... pour nous faire méditer, rire, pleurer, imaginer.

L'inspiration de Pina, sa persévérance,

Son génie, ses chefs-d'oeuvre : tels sont ses dons a notre mémoire collective. Merci Pina.

Des fleurs sur la colline

Des pétales répandus sur les jours jusqu'à...

« Les maîtres ne meurent pas, ils dorment seulement. »

(traduction : Estelle Garnier, Centre chorégraphique national de Roubaix)

Shock

Something torn apart from our art

A missing dance

A missing piece of humanity

A stillness

A hole in the universe

Pina

Our greatest and most beloved choreographer of our times.

A poet of dreams ; the beautiful, the brutal.

A realist of confrontations between man and women,

The tragic, the joyful, the forlorn.

Her ironic humor, giving to us a perspective of our unsaid emotions...

Insights delving into the human mind of reason and the absurd.

A visionary, creating a unique language of dance-theatre, a revolution.

She created her art... for us to ponder, to laugh, to cry, to imagine.

Pina's inspiration, her perseverance,

Her genius, her masterpieces : are our gifts of shared remembrance. Thank you Pina.

Flower flower on the hill

Petals strewn over days until...

?Masters don't die, they're just sleeping.?

Passe-moi les jumelles, dans le Douro, un film de Blaise Piguet


Aucun programme de télévision sur notre petite planète ne ressemble à "Passe-moi les jumelles" ("PAJU").

A l'occasion de la sortie de l'ouvrage qui revient sur ses 15 ans d'existence, je vous glisse en douce un lien qui devrait vous permettre de visionner l'un des derniers PAJU. C'était en avril dernier, le grand réalisateur de télévision Blaise Piguet nous a concocté une merveille de sujet sur les vins du Douro, sur cette atmosphère qu'on ne retrouve que dans ce petit bout de Portugal. De la toute grande télé, je vous dis.

mardi 30 juin 2009



Tout récemment découverte, cette petite merveille de sensibilité et de finesse signée Yukari FUJINO et Frédéric PELASSY sur plusieurs pièces de Schubert dont l'un des sommets absolus de la musique, la fantaisie op. 159.

A déguster tranquillement avec un la petite Arvine "grain d'or" de Marie-Thérèse Chappaz, un Jurançon moelleux du domaine Vignau-La Juscle ou un vin blanc de Rebula du domaine slovène SIMCIC, difficile à dénicher mais qui vaut qu'on se gratte la tête pour faire main basse sur une bouteille, croyez-moi.